vendredi, 12 janvier 2007
Mode de gouvernance à l'européenne
par Monique RYO, Présidente du Groupe UDF
Un nouveau mode de gouvernance est en train d’émerger en Europe. En effet, à travers les différents scrutins des pays de l’Union européenne, les électeurs font le choix de l’ « extrême centre » en amenant centre-gauche et centre-droit à gouverner ensemble pour résoudre les difficultés structurelles à l’échelle nationale. De l’Allemagne où la chancelière de centre-droit doit gouverner avec un parlement à majorité relative de centre-gauche, en passant à la Belgique où les majorités sont toujours des ajustements complexes entre centre-gauche et centre-droit, ou encore en Autriche où les électeurs viennent de faire élire un chancelier de centre-gauche devant gouverner avec des ministres issus des rangs du centre-droit.
Qui peut contredire que la croissance atteinte fin 2006 (bien meilleure qu’en France) en Allemagne, est bien sûr le fruit des réformes (Agenda 21) de la fin du mandat de Schröder mais aussi du choix des allemands qui ont obligé les deux grands partis à travailler ensemble dans l’intérêt général.
Si l’on regarde notre voisinage, ce mouvement prend de l’ampleur, en Italie ou la majorité de Romano Prodi ne tient qu’à un seul siège, le PSD de la coalition de Prodi a trouvé un accord avec le parti de Berlusconi pour la création d’une commission bipartisane chargée de mener à bien les réformes institutionnelles et électorales. Quant à l’Espagne, empêtrée à nouveau dans la spirale du terrorisme basque et de la menace à peine feutrée d’une indépendance totale de la Catalogne , elle devrait, elle aussi, connaître bientôt un rapprochement spectaculaire entre centre-gauche et centre-droit afin de travailler à la garantie constitutionnelle d’une Espagne unie pour endiguer les séparatismes.
Aussi, nous voyons qu’à chaque nouvelle élection, ni le centre-gauche, ni le centre-droit ne sont majoritaires et ne peuvent gouverner seuls, les électeurs les obligeant à travailler ensemble.
Cette vision des choses, c’est bien ce que l’UDF propose à la France , peut-être l’un des derniers remparts du bipartisme intangible de l’Europe continentale (même à l’Est les majorités ne sont pas nettes et se font au-delà des clivages partisans comme en Slovaquie récemment). C’est d’ailleurs ce que l’UDF a fait au parlement européen en créant un groupe parlementaire alliant les italiens, les polonais du centre-gauche avec l’UDF et les britanniques plutôt du centre-droit. C’est aussi ce que nous voulons au Conseil Régional de Picardie : en concevant notre action au sein du Conseil Régional à travers une seule et unique priorité, celle de l’intérêt général des picards afin d’établir la conception d’une action politique débarrassée des accents partisans souvent démagogiques et des clivages tout autant stériles.
Ce mode de gouvernance n’est-il pas déjà celui de la Commission européenne et du Parlement européen où le consensus est indispensable entre centre-gauche et centre-droit sur les sujets les plus importants pour faire avancer l’Europe ?
15:30 Publié dans Groupe Mouvement - Démocrate - Nouveau Centre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




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