vendredi, 09 février 2007
Session sur le Contrat de Projets Etat Région : Intervention de Monique Ryo au nom du Groupe UDF
CPER_-_intervention_Monique_-_version_finale_-_09.02.07.doc
Monsieur le Président,
La délibération que vous nous proposez aujourd’hui débute par des réserves de fonds et de forme que nous pouvons partager ; j’en ajouterai néanmoins, tant le contexte dans lequel nous débattons du prochain contrat de projets me semble inédit dans cette assemblée.
Nous voici à quelques semaines de la signature peut-être avec l’Etat et nous nous retrouvons pour la première fois en séance plénière et cela pour vous donner mandat de négociation à partir d’un document remis il y a dix jours.
Pour la première fois, sur un sujet aussi sérieux que la définition des engagements réciproques de l’Etat et de la Région , au bénéfice espérons-le de notre Région, de ses territoires, de ses habitants et cela pour une période de sept ans.
Vous nous aviez habitués à plus de démocratie, de dialogue et d’échanges et je vous l’avais dit lors du vote du budget : notre Région était exemplaire.
Nous aurions aimé que le document que vous présentez soit le fruit d’une large concertation, qu’il soit l’expression non d’un huis clos, loin des regards des conseillers régionaux mais bien celui d’un travail en commissions ou d’une commission spécifique qui aurait favorisé l’émergence d’un projet régional et aurait peut-être fait naître une large majorité en faveur d’orientations, donnant ainsi du poids à votre voix, Monsieur le Président, face à l’Etat.
Force est de constater que du fait du mode de négociations que vous avez adopté, certaines priorités des territoires n’ont pas été retenues et nous le déplorons fortement.
La conférence des exécutifs invitée au dialogue, a retenu six grandes priorités pour 2007 – 2013.
Certes nous adhérons parfaitement à ces axes majeurs mais nous craignions qu’in fine ce soit l’Etat qui décide (comme il a proposé) et amène la Région à cofinancer des compétences qui sont exclusivement celles de l’Etat : l’Université en est un exemple emblématique d’ailleurs, je le redirai certainement tout à l’heure.
Monsieur le Président, vous l’avez compris, le document que vous nous présentez ne nous convient pas : il ne répond pas aux exigences de solidarité et d’équité qui donnaient autrefois tout son sens à ce que l’on appelait l’aménagement du territoire.
Ce document nous ne pouvons l’accepter en l’état parce qu’il est déséquilibré. Les plus riches sont les mieux dotés et l’on amplifie les différences au lieu de viser à les rééquilibrer.
Quelques chiffres INSSEE au troisième trimestre 2006 :
- taux de chômage en France : 8,6 %
- dans le Beauvaisis ou dans le Compiègnois : 8,4%
- dans l’Amiénois : 11,4 %
- en Thiérache : 12,6 %
- dans le Saint-Quentinois : 13,7 %
+ 60 % qu’à Beauvais et Compiègne
+ 20 % qu’à Amiens
En 2004 les revenus annuels moyens des français étaient de 15 027 euros :
- dans l’Oise de 16 100 euros
- dans la Somme de 14 740 euros
- dans l’Aisne de 13 600 euros
- dans le Saint-Quentinois de 12 500 euros : soit 30% en dessous de la moyenne nationale ; et pour Bohain de 10 200 euros.
Et voilà que vous nous proposez de consacrer la majeure partie des crédits aux projets, certes ambitieux et importants, de l’Oise et d’Amiens : cela ne va ni dans le sens du progrès, ni dans celui de la solidarité.
Oui, l’on nous dit que l’effet levier du contrat de projets ne peut-être obtenu que si les projets sont créateurs de richesses, que s’ils accompagnent et anticipent les mutations économiques et l’Innovation mais ne l’oublions pas, cet effet levier ne sera obtenu que si ces projets sont aussi porteurs de solidarité pour faire face à l’exclusion et répondre aux besoins du développement local.
Ce document est pour nous un document de travail qui comporte de nombreuses lacunes :
- dans le secteur du tourisme alors que chacun connaît son impact économique et sa dynamique en terme d’emplois.
- dans le secteur de la politique de la ville, alors qu’un grand plan de rénovation urbaine est lancé, que le taux d’illettrés dans notre Région ne baisse pas et que beaucoup reste à faire pour faciliter l’intégration sociale et économique dans les quartiers.
- dans la prise en compte, en dehors des pôles de compétitivité, de la diversité de l’économie picarde avec soutien aux entreprises et aménagement des zones d’activités : thématiques non ciblées par l’Etat.
Mais aussi il semble patent que l’Aisne et particulièrement Saint-Quentin, deuxième ville de Picardie, sont les grandes oubliées :
centre de recherche, université pour l’Aisne : 2 millions d’euros sur sept ans ; c’est une aumône inacceptable sur les 59 millions d’euros prévus sans compter les 18 millions du contrat complémentaire pour l’université à AMIENS.
On peut aussi regretter le choix restreint et à minima du volet culture ; on déplore encore plus de savoir que sur les quelques millions d’euros prévus pour le patrimoine gothique, la DRAC en a déjà fléché une bonne partie pour l’Institut du gothique.
Alors on remarquera que dans le volet cohésion régionale et attractivité des territoires sur les 24 millions inscrits, 12 sont seront réservés à l’Aisne mais ce volet territorial qui offre à l’Etat un moyen de mettre en œuvre des logiques de solidarité et de correction des inégalités est réduit à une peau de chagrin.
Monsieur le Président, il n’est jamais trop tard pour bien faire, acceptez qu’avec vous nous menions le combat pour un développement harmonieux et juste de la Picardie et donnons corps ensemble à un projet acceptable pour tous.
11:17 Publié dans interventions en commissions et en sessions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : groupe udf, région, conseil régional de picardie, contrat de projets, Etat




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