mercredi, 14 février 2007

François Bayrou à l'Unesco

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Refaire du projet européen, un sujet d’engagement politique


Invité du Forum de Paris à l’Unesco sur le thème "l’Union, 50 ans après : quelle Europe, pour quels Européens", Français Bayrou a prononcé un discours sur la relance du projet européen devant un millier d’observateurs français et étrangers.

 

Seul candidat à l’élection présidentielle à avoir répondu favorablement à cette invitation, François Bayrou a d’abord souligné que l’Europe était totalement absente du débat de la campagne présidentielle, et que cette absence était bien plus éloquente que tout autre discours sur la nature de la crise européenne depuis le "non" français au referendum.

 

Il souhaite refaire du projet européen un sujet d’engagement politique, et non pas une affaire de techniciens européens. Car le peuple français, en particulier, est "un peuple de citoyens qui veulent une démocratie directe des citoyens" et qui considèrent qu’ils forment le peuple souverain. C’est pourquoi la délégation de souveraineté revêt dans notre pays une importance particulière.

 

François Bayrou a rappelé les trois raisons, selon lui, de l’échec du referendum constitutionnel :

 

Le texte était illisible, incompréhensible, ce qui a donné le sentiment qu’il y avait un piège, qu’on cachait quelque chose aux Français.

 

Ce "quelque chose" c’est le fait qu’on leur impose un modèle de société qui n’est pas le leur, un modèle dit "ultra-libéral", c’est-à-dire marchand.

 

Et cela est la faute des gouvernants successifs qui ont laissé s’installer cette impression en rejetant la faute constamment sur "Bruxelles", sur les technocrates de Bruxelles qui veulent tout réglementer, tout normaliser, en oubliant de dire que c’était eux qui autorisaient ces normalisations.

 

La troisième raison, c’est que les Français ont "le sentiment qu’on les arrache de leur identité". L’ouverture des négociations avec la Turquie , sans le moindre débat, même au Parlement, a renforcé ce sentiment que l’identité européenne n’est pas la leur.

 

Malgré cet échec, nous avons besoin d’une Europe forte. Car aucune des questions majeures actuelles ne peut être résolue si l’Europe n’est pas présente : Proche-Orient, environnement, énergie…Construire une Europe forte nécessite une réflexion politique dans laquelle les citoyens auront leur mot à dire.

 

François Bayrou a proposé plusieurs orientations en ce sens :
Le futur Président de la République française devra s’adresser aux 18 dirigeants des Etats qui ont déjà ratifié la Constitution afin que chacun fasse un pas vers l’autre. Car la décision de l’avenir de l’Europe ne pourra être prise dans un rapport de force.
Pour une meilleure compréhension, il faut distinguer dans le texte de la Constitution les dispositions nouvelles et la compilation des anciennes dispositions.
Enfin, il est impossible d’éluder le choix du 29 mai 2005. C’est-à-dire que le projet de Constitution ne peut être revu en catimini par voie parlementaire. Un nouveau referendum est nécessaire.

 

François Bayrou a conclu son intervention en affirmant que l’un des plus grands enjeux de cette campagne présidentielle était de "réconcilier les Français et l’idée européenne".

 

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