mardi, 20 mars 2007

François Bayrou à la Matinale de Canal Plus

 

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François Bayrou prône un meilleur équilibre des pouvoirs

 

François Bayrou a exposé les grandes lignes de la réforme institutionnelle qu’il compte mettre en œuvre s’il est élu : le président de la République doit assumer l’action de l’Etat, le Parlement doit avoir davantage de pouvoir et il ne doit plus y avoir de nominations de complaisance dans les instances d’arbitrage. François Bayrou propose également d’introduire de la proportionnelle afin que tous les courants d’opinion soient représentés à l’Assemblée nationale.

 

"Je n’ai aucun doute sur la volonté de changement des Français" a assuré François Bayrou. Hier encore, en visite au Salon de l’étudiant à Paris, il a pu vérifier que les citoyens souhaitaient sortir de l’éternel affrontement UMP-PS. Le candidat à l’élection présidentielle a une nouvelle fois accusé les médias d’essayer de sauver l’ancien système et d’imposer aux Français, le duo Sarkozy-Royal. Mais il est convaincu que les Français imposeront le changement…

 

 

 

François Bayrou a estimé que l’action publique devait changer : "Il y a quelque chose qui ne va pas dans la manière dont on gouverne le pays". Le candidat à l’élection présidentielle veut changer la vision de l’Etat, le périmètre de la majorité et son organisation pour qu’il soit plus économe et plus efficace. Ainsi, il souhaite qu’il n’y ait pas plus d’une vingtaine de ministères. François Bayrou propose de regrouper la jeunesse, les sports, les personnes âgées, les associations, Internet et peut-être même l’immigration dans un seul et même ministère. "La société française est en mutation profonde" a justifié le candidat : les associations et Internet ont pris une place très importante, la question des personnes âgées - et en particulier de la dépendance et de la solitude – l’insertion de jeunes dans la vie active… tout cela pose, selon lui, des interrogations sur notre société. "Comment va-t-elle évoluer et assumer nos valeurs dans le monde qui vient ? Cela mérite une réflexion qui regroupe tous ces secteurs en mouvement" a expliqué le candidat. S’agissant de l’immigration, François Bayrou a prôné la fermeté mais il a souhaité qu’on ne persécute pas les familles et en particulier celles qui ont de enfants scolarisés en France. Il conditionne le regroupement familial au fait d’avoir un logement pour accueillir sa famille et d’avoir un travail pour subvenir à ses besoins. La maîtrise de la langue française est, selon lui, un avantage pour l’intégration.

 

 

 

Au-delà de la question de l’insécurité, François Bayrou a fait du retour de l’Etat dans les endroits où il a disparu, une priorité. Il a fait remarquer que l’Etat est présent là où ça va bien et il est absent là où ça va mal, principalement dans les banlieues et dans les zones rurales. François Bayrou veut ainsi réimplanter des services publics et une "police fidélisée" qui soit enracinée et présente dans ces quartiers. Concernant les mineurs récidivistes, il a estimé que les sanctions devaient être les plus rapides possibles. François Bayrou pense à des sanctions éducatives type travaux d’intérêt général et peines de réparation. Des peines alternatives à la prison qui est, selon lui, "un pourrissoir" : "Il faut faire notre travail d’adulte, de père et de mère de famille pour qu’ils retrouvent les repères qu’ils ont perdus ou qu’ils n’ont jamais eus".

 

 

 

François Bayrou a exposé les grandes lignes de la réforme institutionnelle qu’il compte mettre en œuvre s’il est élu Président. Il faut, selon lui, redéfinir les fonctions du président de la République et du Premier ministre. Aujourd’hui, le chef de l’Etat est en retrait et c’est le Premier ministre qui définit l’action du gouvernement. François Bayrou estime que c’est le président de la République , élu au suffrage universel, qui propose un cap : il doit porter et assumer l’action de l’Etat. Deuxième chantier, le Parlement doit, selon lui, trouver une véritable place : concrètement, cela veut dire que l’on interdit au gouvernement le passage en force par le 49-3, que le Parlement retrouve la maîtrise de son ordre du jour et que celui-ci ait le droit de discuter des sujets qui lui sont aujourd’hui interdits comme la privatisation des sociétés d’autoroutes ou l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne. François Bayrou a rappelé que sur ces deux questions, le Parlement n’avait pas pu voter. Troisième changement, il faut, selon lui changer la loi électorale afin que tous les courants d’opinion soient représentés à l’Assemblée nationale. Le candidat à l’élection présidentielle est favorable à 50% de proportionnelle comme cela se fait déjà au Sénat. Enfin, François Bayrou veut mettre fin aux nominations de complaisance aux postes d’arbitrage comme le Conseil constitutionnel et le Conseil supérieur de l’audiovisuel. Pour que l’Etat redevienne impartial, il propose que les nominations du président de la République soient confirmées par une majorité des deux tiers ou des trois quarts de l’Assemblée nationale et du Sénat. François Bayrou souhaite faire passer cette réforme constitutionnelle par référendum. Il a annoncé qu’auparavant, il invitera tous les partis politiques à participer à la définition des nouvelles règles du jeu institutionnelles afin que les Français soient assurés que les changements sont justes.

 

 

 

Interrogé sur l’arrestation de Cesare Battisti recherché pour meurtre par la justice italienne, François Bayrou a expliqué que l’écrivain en cavale était quelqu’un qui avait participé à des choses graves mais qu’il ne savait pas s’il était innocent ou coupable des crimes dont on l’accuse. Rappelant que l’ex-militant d’extrême gauche avait été condamné par contumace, il a estimé qu’il fallait donc qu’il soit jugé en sa présence comme l’exige les droits de la personne humaine. Mais il a expliqué qu’il n’avait aucune indulgence pour les assassinats commis durant les années de plomb en Italie et qu’il pensait aux victimes.

 

 

 

"C’est une femme que j’ai beaucoup aimée dont je respecte l’histoire" a affirmé François Bayrou à propos de Simone Veil. Il a dit ne pas comprendre la violence de ses déclarations à son encontre : "Cela ne ressemble pas à la Simone Veil que j’aime" a insisté le candidat à l’élection présidentielle. Il a ajouté : "On peut aimer quelqu’un dans son histoire et puis avoir à un moment donné une très grande incompréhension de ce que cet homme ou cette femme fait ou dit".

 

 

 

Enfin, interrogé sur le meeting organisé par le collectif Urgence Darfour mardi, François Bayrou a indiqué qu’il s’y rendrait s’il est libre. Il est déjà allé dans la région : "Ce qui se passe là-bas est une tragédie à l’échelle d’un siècle. Normalement, si nous voulons être à la hauteur de ce que nous voudrions être, nous de devrions pas laisser faire".

 

Commentaires

Élections : N’importe lequel et qu’on en finisse.
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Ecrit par : xray | mardi, 20 mars 2007

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