vendredi, 23 mars 2007
Jacques Delors sur le devenir du traité européen
Constitution: "Le bon sens veut qu'on interroge une seconde fois les Français", selon Jacques Delors
PARIS (AP)
Jacques Delors, ancien président de la Commission européenne, juge qu'il faut faire revoter "une seconde fois les Français" sur le traité constitutionnel, dans un entretien à paraître vendredi dans "Les Echos".
A ceux, qui comme José Manuel Barroso, l'actuel président de la Commission européenne, dénoncent des "crisophiles", Jacques Delors répond qu'il faut rappeler "ce qui a été acquis en 50 ans depuis le traité de Rome", dont l'Europe célébrera le cinquantième anniversaire dimanche. Selon lui, il faut également expliquer que, compte tenu des rapport de forces dans le monde, les Européens devront relever trois défis majeurs": "la mondialisation", les "mutations technologiques" et "la démographie".
"Beaucoup de citoyens ne croient plus que la politique peut changer les choses", déclare l'ancien président. "Depuis l'élargissement, les responsables français n'ont pas fait leur travail d'écoute et d'explication". Il estime qu'"il n'y a pas de solution miracle" pour sortir de la crise. Il ne voit "pas encore l'étincelle du compromis".
Mais, selon Jacques Delors, "le bon sens veut que l'on interroge une seconde fois les Français (...) Cela nous obligera à mieux écouter et à mieux expliquer ce qu'on a voulu faire en Europe. Mais avant tout, il faut retirer le terme de constitution" et ajouter "un protocole social" au "traité constitutionnel actuel".
Dans une tribune au quotidien gratuit "Métro" de vendredi, l'ancien président souligne l'échec du traité de la CECA, avant que le traité de Rome ne vienne donner l'élan nécessaire à l'Europe. "Ce traité dit du marché commun stimula nos économies, permit de développer des politiques communes pour l'agriculture et le commerce extérieur".
"Au début de ce XXIe siècle, d'autres défis nous attendent (...) Ce n'étaient que les premières étapes, continuons le combat pour une Europe libre, solidaire et influente", conclut Jacques Delors.




Ecrire un commentaire