lundi, 26 mars 2007

Marielle de Sarnez : "Cinquante ans de travail acharné pour la Paix : saluons-le !"

 

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France Europe Express, l’émission de Christine Ockrent, était consacrée hier soir à l’anniversaire du Traité de Rome. Considéré comme le texte fondateur de l’Europe telle que nous la connaissons, on fêtait dimanche son cinquantenaire. La chaîne a invité Jacques barrot, commissaire européen et Dennis MacShane, deux européens convaincus, ainsi que Marielle de Sarnez, députée européenne, directrice de campagne de François Bayrou, Philippe de Villiers, Pierre Moscovici et Yves Salesse. L’euro fort, l’Europe protectrice, la présentation d’un nouveau Traité aux Français, tels ont été les thèmes des interventions de Marielle de Sarnez dans l’émission. Dans le public, on pouvait apercevoir, Eric Azière, responsable des fédérations dans le mouvement de François Bayrou.

Marielle de Sarnez regrette d’emblée que l’Europe telle qu’elle est aujourd’hui n’a pas réussi à considérer que l’élargissement à vingt-sept pays n’était pas nécessaire absolument. Il aurait peut-être fallu, selon elle, approfondir les liens politiques entre les pays membres, avant d’accueillir de nouveaux entrants. Il en résulte une certaine cacophonie dans laquelle la France ne se reconnaît plus forcément. Elle déplore en marge de ce débat vif que les pays européens qui se targuent de respecter dans leur espace commun des règles de concurrence, déversent en Afrique des produits bradés. Cette politique de dumping empêche l’Afrique de se développer correctement. Nous donnons, selon Marielle de Sarnez, le mauvais exemple en agissant ainsi.

La députée européenne admet qu’il y a certainement une surévaluation de l’euro en regard de certaines monnaies comme celle de la Chine. Une réflexion devant l’euro fort lui paraît nécessaire dans ce cadre. Lors d’un reportage de l’émission, où les politiques européennes de chaque candidat sont comparées, Lionel Cottu accorde le crédit à François Bayrou d’avoir les propositions les plus volontaristes pour faire renaître un sentiment européen fort.

La directrice de campagne de François Bayrou insiste. L’Europe est notre bien commun. Elle nous a évité de retomber dans des guerres intestines qui auraient entraînées nos pays dans l’abyme. La formation dont Marielle de Sarnez est une des dirigeantes se réclame de l’idéal européen et n’entend pas le renier lors de cette dernière partie de la campagne électorale française. Qui sera suivie des élections générales en Grande-Bretagne.

A la question de savoir s’il fallait revenir à une mini-Europe à six, elle répond par un vibrant non. L’Europe est une communauté de destins. Elle concède que l’Europe pourrait avancer plus vite si deux cercles étaient établis, un premier cercle avec les vingt-sept Etats membres où l’on partagerait des règles communes, des échanges communs. Et un autre cercle plus restreint, notamment aux treize pays qui ont adopté la monnaie européenne commune, qui resterait ouvert à d’autres, où l’Europe politique puisse effectivement être mise en place.

Sur la question de l’euro fort, Marielle voit une contradiction dans les propos de ceux qui s’élèvent contre la politique de la Banque centrale européenne, organisme indépendant des pouvoirs politiques. Elle prend l’exemple de l’Allemagne. Ce pays exporte en masse. Elle présente d’excellents résultats en matières d’excédents commerciaux. Peut-être que ce qu’on essaye de reprocher à l’Europe n’est que la résultant de problèmes franco-français, pose-t-elle la question. Il faut lutter contre la hausse des prix, l’inflation et la BCE travaille sur tous ces sujets. Elle regrette que l’on a construit une monnaie européenne commune, l’euro, et que l’on se soit arrêté en chemin. Marielle de Sarnez souhaite vivement une politique commune en matière budgétaire, économique, environnementale, en matière d’immigration, de politique spatiale. L’harmonisation de beaucoup des règles d’imposition par exemple, l’impôt sur les sociétés, est absolument nécessaire pour relancer le processus européen.

Elle veut mettre dans ce débat au crédit de l’euro la baisse de la facture énergétique de chacun de nos foyers. Le pétrole est aujourd’hui moins cher dans l’espace européen. L’euro est une bonne chose, martèle-t-elle. Ce qui n’empêchera pas François Bayrou, élu président de la république, de mettre en place un Small Business Act, une mesure importée des Etats-Unis, qui réserve vingt pour cent des marchés publics de plus de cinquante mille euros aux petites et moyennes entreprises, et la totalité de ces marchés lorsqu’ils sont en-dessous de ce prix. C’est un acte que l’on pourrait étendre à l’Europe entière, estime-t-elle. Tout cela serait de nature à créer de la croissance, car les politiques négligent la petite entreprise qui a vocation à grandir et exporter. Il est normal selon elle, de poser des limites à la concurrence, notamment en matières de biens manufacturés provenant de pays dont les critères sociaux sont moins restrictifs que les nôtres.

Marielle de Sarnez ne refuse pas la perspective d’un bras de fer avec la Commission de Bruxelles sur certains points. Elle refuse d’être béate, mais souhaite une Europe plus forte, plus démocratique. C’est ainsi que François Bayrou présentera un nouveau Traité, soumis à l’approbation du peuple français par référendum. Un texte plus lisible, plus clair que celui qui fut soumis en 2005. Probablement en 2009. 

A propos du problème d’Airbus, que tous les contempteurs de l’Europe prennent pour exemple pour illustrer son échec, elle tient à rappeler que ce sont des luttes de clans français entre dirigeants qui ont plongé l’entreprise dans la situation actuelle. C’est la raison pour laquelle François Bayrou est initiateur de l’idée d’un Etat impartial où ce ne soient plus des amis qui soient nommés à des postes d’importance, mais des personnes jugées sur leur compétence. On ne saurait mieux précipiter l’Europe dans l’impasse si l’on continuait d’agir de la sorte.

Quant à l’Europe comme maternité des pays membres, comme entité protectrice uniquement, Marielle de Sarnez est contre cette idées. Fermer les frontières, s’interroge-t-elle . Turbomeca, qui produit des moteurs d’hélicoptères dans les Pyrénées, devrait-elle cesser ses exportations, demande-t-elle. Oui, il est normal que les pays membres demandent une concurrence loyale, conclut Marielle de Sarnez. Mais ce n’est pas une raison suffisante pour remettre en cause l’immense, le colossal travail effectué depuis la signature il y a cinquante ans, du traité de Rome. La paix est à ce prix.

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