« 2007-12 | Page d'accueil | 2008-02 »

jeudi, 31 janvier 2008

Traité UE : 59% pour un référendum

 

a43426046e8b263214344a7d41ade2db.jpg

 

Cinquante-neuf pour cent des Français veulent un référendum sur le nouveau traité européen, alors que 33% préfèrent qu'il soit ratifié par le Parlement, selon un sondage CSA paraissant dans "L'Humanité Dimanche".

Huit pour cent des personnes interrogées ne se prononcent pas. Fin octobre, d'après un sondage similaire réalisé pour "Le Parisien", 61% des Français souhaitaient que le traité soit ratifié par référendum, alors que 31% étaient partisans d'une ratification par le Parlement et que 8% ne se prononçaient pas.

 

·          Traité UE: le Sénat vote la révision

Le Sénat a adopté dans la nuit dans les mêmes termes que l'Assemblée nationale, la révision de la Constitution préalable à la ratification du traité européen de Lisbonne.


Le vote des sénateurs ouvre la voie à la convocation du Parlement en Congrès à Versailles, le 4 février, pour adoption définitive de ce texte, à la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés.


Compte tenu du nombre de voix recueillies par le projet de loi à l'Assemblée nationale le 16 janvier - 304 pour, 77 contre et 100 abstentions - et de son score au Sénat - 210 pour, 48 contre et 62 abstentions -, cette majorité a toutes les chances d'être réunie.

mercredi, 30 janvier 2008

L'Union Européenne pour les revendications salariales

b752da84cdad63c6788f78d05aa486f0.jpg

 

Le commissaire européen en charge de l'Emploi et des Affaires sociales Vladimir Spidla a apporté son soutien aux actuelles revendications salariales en Europe dans un entretien paru aujourd'hui, alors que la Banque centrale européenne exhorte à la "modération".


"Ceux qui ont contribué à l'augmentation du bien être d'un pays doivent en avoir leur part", souligne le Tchèque dans cette interview au quotidien Berliner Zeitung.


"Le progrès économique doit accompagner le progrès social. C'est pourquoi ce serait par principe une bonne chose si les salaires réels augmentaient", a-t-il ajouté.

mardi, 29 janvier 2008

Municipales:46% pour la gauche(sondage)

Les listes de gauche obtiennent 46% d'intentions de vote au premier tour des municipales, contre 40% pour celles de la majorité, selon un sondage CSA réalisé dans les communes de plus de 3.500 habitants pour Europe 1 et Le Parisien/Aujourd'hui.



56% des sondés entendent se prononcer "en fonction de considérations purement locales", 23% voulant profiter du scrutin pour "s'opposer à Nicolas Sarkozy et au gouvernement de François Fillon" et 16% pour les "soutenir", les reste étant sans opinion.



Les "listes soutenues par le PS, le PC, les divers gauche, les Verts" obtiennent 46% des intentions de vote, contre 40% à celles "soutenues par l'UMP et les divers droite".


Les "listes soutenues par le MoDem" obtiennent 7% d'intentions de vote, les "autres listes" 3% et celles soutenues par l'extrême-gauche et le Front National 2% chacune.


Sondage réalisé les 23 et 24 janvier auprès d'un échantillon représentatif de 812 personnes inscrites sur les listes électorales des communes de plus de 3.500 habitants. Méthode des quotas. Notice détaillée à la commission des sondages.

lundi, 28 janvier 2008

Municipales à Paris : le Modem dévoile son projet

·         
428b9f5ac2ad1e44971164cac8db2322.jpg

 

 

Municipales à Paris: le MoDem présente un projet axé notamment sur les classes moyennes

 

Marielle de Sarnez, candidate du Mouvement démocrate (MoDem) à la mairie de Paris, présente lundi son projet pour la capitale, entourée de ses 20 têtes de liste.

 

La candidate du MoDem s'adresse "à tous les Parisiens, et en particulier aux classes moyennes" qui ont "de plus en plus de mal à joindre les deux bouts", dans son projet pour la capitale.

 

La conseillère de Paris, qui partage l'objectif du maire sortant PS Bertrand Delanoë de 40.000 nouveaux logements sociaux sur six ans, souhaite qu'un tiers d'entre eux soient réservés aux classes moyennes, dans ce projet présenté lundi et dont l'AFP a eu connaissance. Pour faciliter la vie quotidienne des familles, elle propose de créer plusieurs milliers de places en crèches collectives et dans des "micro crèches" d'appartements.

 

Pour "oxygéner" la ville, elle suggère de rendre les arrondissements centraux semi-piétons le week-end, de créer un parc d'une dizaine d'hectares dans le nord de Paris et une "coulée bleue", promenade en continu sur les berges de Seine.

 

Création d'"éco-quartiers", d'une "Cité de l'Europe" regroupant centres culturels, restaurants, logements étudiants, figurent parmi les propositions de la député européenne, qui propose de déléguer la gestion de la propreté aux arrondissements.

 Le bras droit de François Bayrou veut aussi "favoriser le pluralisme en nommant des adjoints au maire de Paris qui représentent l'ensemble des sensibilités des habitants de Paris", et défend une modification du mode de scrutin "afin de permettre aux Parisiens de choisir vraiment" leur maire.

 

           MODEM : Delanoë n'exclut pas un accord

Le maire PS de Paris Bertrand Delanoë n'a pas exclu ce soir une alliance au deuxième tour des municipales avec le MoDem qu'il prend "au sérieux", mais seulement "sur des bases saines", "sur des idées et pas sur des combinaisons".


Interrogé au Grand rendez-vous Europe 1-TV5 Monde-Le Parisien Aujourd'hui en France, sur l'éventualité d'alliances avec les Verts ou le MoDem, il a répondu: "Je suis prêt à m'allier, mais sur des bases saines c'est-à-dire sur des idées et pas sur des combinaisons".

vendredi, 25 janvier 2008

Session du Conseil Régional : Schéma régional de développement culturel

SCHEMA REGIONAL DE DEVELOPPEMENT CULTUREL

 

 

 

 

 

SESSION DU VENDREDI 25 JANVIER 2008

 

 

Intervention de France MATHIEU - Groupe UDF  

 

 

Monsieur le Président, un constat : la version définitive de ce document est identique à celle qui nous a été présentée en décembre dernier. Peut-on en conclure que le travail a tellement été bien préparé qu’il n’appelle aucune remarque.

 

 

Alors Monsieur le Président, si vous le permettez je profite de l’occasion qui m’est donnée pour en faire quelques unes.

 

 

 

Ce schéma est une première et suscite quelques réflexions.

 

 

Comme tous les schémas, il est évolutif et ne peut que s’enrichir de nos propositions.

 

 

La réflexion engagée est structurée, assez bien analysée à l’échelle des territoires. Une crainte cependant, c’est le sentiment d’une volonté excessive de vouloir tout planifier, le cadre semble assez rigide.

 

 

Certes des critiques sont nécessaires à la mise en place de toute politique, mais à la différence d’autres compétences, la culture a besoin de créativité, d’imagination, avec une légère dose de souplesse, car l’homme a besoin d’espace de liberté et il serait illégitime qu’un cadre trop strict puisse altérer la créativité des individus.

 

 

L’idée de créer des postes d’agent de développement culturel est excellente et souhaitable à court terme, afin que chaque Communauté de Communes puisse disposer d’une personne qualifiée chargée de sensibiliser les élus, et les aident à monter des projets culturels dont la population pourra en bénéficier.

 

 

Cela va dans le sens d’un réel aménagement culturel des territoires. Nous devons conforter ce qui existe déjà et permettre au plus grand nombre l’accès à la culture, en poursuivant et accentuant l’offre décentralisée en matière de théâtre, de musique, d’arts plastiques, d’expositions, etc.

 

 

Jusqu’à présent, des investissements lourds ont été faits et sont toujours prévus dans les moyennes et grandes villes ; pourquoi ne pas réfléchir à d’autres lieux d’implantation en fonction de projets ?

 

 

D’autre part, nous pourrions à travers ce schéma réfléchir à développer un partenariat avec d’autres Régions de France et d’Europe. Les artistes sont très ouverts en la matière et les échanges culturels ou jumelages bien préparés ne peuvent que nous enrichir mutuellement.

 

 

Je terminerai en insistant sur la complémentarité entre offre culturelle et offre touristique, surtout lorsque l’on a la chance d’avoir le patrimoine culturel que l’on a en Picardie. Ces deux aspects sont tellement liés, que nous ne pouvons pas dissocier les deux. Mes propos ne sont pas innocents, car je pense que bientôt nous retravaillerons le schéma touristique existant.

 

 

En conclusion Monsieur le Président, vous l’avez compris, nos remarques se veulent constructives. C’est au moment des inscriptions budgétaires que nous pourrons apprécier la concrétisation des mesures affichées dans ce schéma. Aujourd’hui, sur les grandes lignes, nous approuvons la volonté de développer la Culture en Picardie et de la mettre à la portée du plus grand nombre en s’appuyant sur nos territoires.

 

Session du Conseil Régional : Schéma régional de développement culturel

SCHEMA REGIONAL DE DEVELOPPEMENT CULTUREL

 

SESSION DU VENDREDI 25 JANVIER 2008

 

 

Intervention de Monique RYO - Groupe UDF  

Parent pauvre de nombreux budgets, longtemps considérée comme du luxe, la Culture est aujourd’hui reconnue comme pouvant être un moteur de développement économique et social, voire même un outil pour mieux vivre ensemble et cela pour tous.

L’identité et l’image de notre région sont essentielles pour renforcer son rayonnement et son attractivité territoriale et la culture, nous le savons, attire les entreprises, les cadres, les centres de décisions et par là même favorise le développement économique et la cohésion sociale.

Nous ne pouvons donc que nous réjouir de l’augmentation du budget.

Mais avant de laisser la parole à France MATHIEU sur le volet territorial, je souhaiterais faire deux remarques qui nous semblent essentielles.

Tout d’abord, ce schéma régional de développement culturel aurait du permettre de faire mieux comprendre comment la politique culturelle régionale s’inscrivait pleinement dans chacun de nos domaines de compétences :

 -         l’aménagement du territoire

-         le développement économique

-         et la formation

Si le volet territorial a longuement été développé, à aucun moment n’ont été associés des objectifs économiques au schéma culturel. Certes, tout a été cité dans une longue liste à la Prévert mais nous aurions aimé que vous insistiez sur :

-         la culture comme premier vecteur de développement touristique

-         sur notre patrimoine historique, industriel et de mémoire qui permettra peut-être outre d’attirer un public plus important d’assurer dans notre région, la survie de métiers d’art, représentés sur tout le territoire par de très petites entreprises au grand savoir-faire.

 Si vous avez un peu abordé l’industrie du livre et du cinéma, rien concernant le domaine de l’audiovisuel : qu’en est-il de l’opportunité et de la faisabilité de créer une chaîne T.V. régionale de proximité sur la TNT , ce qui contribuerait aussi à créer du lien social ?

Je conclurai dans cette association culture, économie, communication sur le mécénat d’entreprises qui peut-être une source de financement intéressante et pour laquelle la CRCI pourrait jouer un rôle d’information et d’incitation.

Enfin, nous voudrions rappeler que nous ne sommes pas détenteurs d’une vérité culturelle établie et que la Région n’a pas à s’élever en juge ou censeur comme elle a un peu tendance à le faire à travers ce document comme par exemple :

-         en page 8, je cite : «  la Région entend repérer « les bonnes pratiques », les favoriser et les diffuser ».

-         en page 10 : « peu d’intercommunalités ou de Pays sont aujourd’hui en capacité de coordonner et de faire progresser les programmes culturels ».

Si ces propos peuvent sembler, Monsieur le Président, un peu sévères, ce n’est que de par la formulation employée, ils sont à inscrire bien sûr dans une démarche constructive.

jeudi, 24 janvier 2008

Nouvel objectif : 23% d'énergie renouvelable en 2020

 

c87e54747073cd00ec6c9841c65ce82e.jpg

 

 

La France va devoir faire passer la part des énergies renouvelables dans sa consommation énergétique totale à 23% en 2020, contre 10,3% aujourd'hui, a demandé la Commission dans le cadre de son plan de lutte contre le réchauffement climatique.

mercredi, 23 janvier 2008

Plus de 80 millions de touristes en France

La France va avoir passé la barre des 80 millions de touristes en 2007, contre 79,1 millions l'année précédente, a indiqué jeudi le secrétaire d'Etat chargé du Tourisme, Luc Chatel. "Nous sommes la première destination mondiale et, en 2007, la France va battre un record avec plus de 80 millions de visiteurs", a déclaré M. Chatel sur la chaîne LCI. Les chiffres officiels définitifs doivent être publiés en février.



Interrogé pour savoir si l'euro fort allait affecter la performance touristique de la France , le ministre a répondu par la négative.


"Contrairement aux idées reçues, l'euro fort n'a pour l'instant pas d'impact négatif", a-t-il dit, affirmant notamment que l'été 2007 avait vu "la meilleure saison avec les Américains depuis 2001". La France est numéro un mondial en nombre de visiteurs, mais n'arrive qu'au troisième rang des recettes touristiques, derrière les Etats-Unis et l'Espagne.

mardi, 22 janvier 2008

Pour Marielle de Sarnez : Sarkozy veut "'isoler" Bayrou

ccf1dc1922d9948d0468b25dd3b90cd0.jpg

 

Marielle de Sarnez, députée européenne et candidate MoDem à la mairie de Paris, a estimé sur LCI que Nicolas Sarkozy mettait "toute son énergie" à tenter d'"isoler" François Bayrou, au lieu de "s'occuper des vrais problèmes du pays".


"Par exemple, demain (mardi) il va à Pau pour soutenir le candidat, maire socialiste, que l'UMP a investi", a-t-elle dit en référence au maire PS sortant Yves Urieta. "Franchement, on marche sur la tête". "Je préfèrerais que Nicolas Sarkozy s'occupe des vrais problèmes du pays", a ajouté le bras droit de François Bayrou. "On va avoir des gros problèmes économiques, on va avoir des lendemains qui vont pas du tout chanter", a-t-elle ajouté.

 

"Honnêtement, pour moi, un président de la République c'est quelqu'un qui doit se concentrer sur l'essentiel, notament sur le fait de tenir ses engagements (....), je pense au pouvoir d'achat, à l'emploi. Je préfèrerais qu'il s'attèle à ça plutôt qu'à de petites combines de toute petite politique politicienne".

lundi, 21 janvier 2008

Interview de françois Bayrou dans L'Express

b538e14c5c5c3d53b40349d86cfdb0f4.jpgIl manque à la France "un président sage" qui la protège contre "l'actionnite désordonnée".

 

L’Express : À quoi pouvez-vous servir aujourd’hui ?
François Bayrou : À y voir le plus clair possible sur ce que la France est en train de vivre. Et à préparer un autre projet de société.

Comment définiriez-vous le Sarkozysme ?

D’abord un projet politique : l’alignement de la France , le plus vite possible, sur le modèle de société qui domine la mondialisation, le modèle américain. Ensuite, une conception du pouvoir, qui tire la fonction présidentielle vers le star system, la société du spectacle, et la connivence avec les puissants, les plus riches et les plus célèbres. Et au fond, sur ces deux points, je défends l’exact contraire : contre le modèle dominant dans le monde, l’avenir du modèle républicain français, et contre le pouvoir spectacle, la confiance aux citoyens.

À quoi identifiez-vous le modèle américain ?

- On dit américain pour faire image. Mais ce modèle avance partout. Et il a trois traits principaux. Il est inégalitaire par principe. Il est matérialiste. Et sa démocratie est dévorée par la com’, la démagogie people.

Commençons par ce que vous appelez « l’inégalité croissante »…

C’est un basculement de l’histoire. Depuis le milieu du dix-neuvième siècle, on vivait dans tout l’occident avec l’idée que le progrès allait faire reculer les inégalités. Et cette idée transcendait tous les clivages politiques. Mais au tournant des années 80, sans qu’on s’en aperçoive clairement, un autre modèle a pris le pouvoir, une autre idéologie, pour qui le vrai moteur du progrès, ce sont les inégalités. Il est donc vain de prétendre les faire reculer. Au contraire, il faut les légitimer ! Ainsi le monde financier fait des fortunes foudroyantes, l’imposition sur les successions disparaît, le dumping fiscal règne en maître, pour mettre ces inégalités à l’abri de l’État. Ne vous trompez pas : en termes matériels, ce modèle a été extraordinairement efficient. Mais, au bout du chemin, il ruine l’idée de société, du vivre ensemble.

Quels sont les ressorts de ce modèle de société ?

- Il repose sur un système de valeurs selon lequel l’argent est la mesure du succès. Nicolas Sarkozy le répète sans cesse : il veut « réconcilier la France avec l’argent », parce que argent = réussite. Pour séduire et dompter l’esprit des citoyens, le moyen c’est la communication : les politiques se comportent comme les vedettes du show-bizz, mettant en scène du pathos, des amitiés avec des vedettes, des amours en roman-photo. Le but est de détourner l’attention des citoyens, pour que, aveuglés par les flash et les projecteurs, ils ne regardent plus l’essentiel. S’y ajoute la connivence entre puissances financières, médiatiques et pouvoir politique. Là encore, le modèle est américain. Aux Etats-Unis, l’argent influence le pouvoir par le financement des campagnes. Chez nous, c’est via les groupes de médias que son influence se déploie. Je crois que Nicolas Sarkozy a très tôt compris la puissance de telles ententes et décidé de s’en faire le complice, ou l’instrument. C’est la signification de l’incroyable nuit du Fouquet’s, de l’étalage de yachts et d’avions. Pour moi, tout cela, ce n’est ni la République , ni
la France.

Vous utilisez souvent, à propos de Nicolas Sarkozy, l’adjectif « puéril ». Diriez-vous qu’il est un président puéril ?
Parfois. S’il est une fonction qui exige la sagesse, c’est la fonction présidentielle. « Du passé, faisons table rase », on sait depuis longtemps que ça ne marche pas, même les révolutions n’y parviennent pas. J’ai entendu, par exemple, annoncer qu’on allait tout remettre en cause dans l’organisation de l’hôpital. Une fois de plus ! On a fait quatre ou cinq lois de suite et la dernière n’est toujours pas digérée. On va recommencer ? De même, remettre en cause les principes de la laïcité, c’est ouvrir la boîte de Pandore. Prétendre que l’on peut tout changer à la fois, entreprendre toutes les réformes en même temps, alors que la société est si complexe, cela a un côté enfantin. Montherlant a donné à l’une de ses pièces un titre tiré de la Bible  : « la ville dont le prince est un enfant ». Mais le vrai texte de l’Ecclésiaste, c’est : « malheur à la ville dont le prince est un enfant. »

Mais il redéfinit la fonction présidentielle…

Ma vision est tout autre : la fonction présidentielle, ce n’est pas s’occuper de tout, mais de l’essentiel. Ce n’est pas « je communique à tout va », mais « j’inspire confiance », c’est s’arrêter pour réfléchir, c’est se protéger et protéger le pays contre l’actionnite désordonnée. Laisser à d’autres le court terme et penser le long terme. Ce type de président, un président sage, manque cruellement à
la France.

Quelles sont aujourd’hui vos relations personnelles avec le Président ?
Je n’ai avec lui aucun problème personnel. Je n’en ai jamais eu. Il y a des côtés de sa personnalité qu’il m’arrive de trouver sympathiques. Il le sait, je le lui ai dit. Mais j’ai un problème politique de fond qui tient aux valeurs de son projet, et à sa manière de concevoir le pouvoir. Et une divergence sur les valeurs, c’est plus grave et plus profond qu’un désaccord sur les programmes.

Par sa parole au moins, estimez-vous que le chef de l’État provoque une rupture ?

Je juge davantage les faits que les mots. Je sais que l’on peut mettre les mots à toutes les sauces. On peut sortir des citations époustouflantes pour dire le contraire de ce qu’on fait. Camus a une phrase magnifique. Il dit : « mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde. » Par exemple, à quoi bon dire « politique de civilisation » quand précisément on abandonne la civilisation face au matérialisme ambiant ? À quoi bon parler de « démocratie exemplaire » quand la réalité c’est la fin de la séparation des pouvoirs et la prise de contrôle des médias par une entente de groupes connivents ?


En matière de politique économique, reprochez-vous à Nicolas Sarkozy d’être trop libéral ou pas assez ?

Ce qui domine, c’est la confusion. Il y des annonces dans tous les sens et peu de visibilité dans sa politique économique. La vertu du libéralisme, ce sont des règles précises et rigoureuses : la séparation des pouvoirs, l’équilibre entre les pouvoirs, l’interdiction de mélanger l’État et l’économie. Aucune de ces règles n’est respectée en France. Quand il annonce qu’il va faire voter une loi pour imposer aux entreprises de distribuer aux salariés un tiers de leurs profits, c’est faire comme si les entreprises étaient toutes les mêmes ! Vous voyez Total distribuer à ses salariés 4 milliards d’Euros ? En revanche, reporter aux calendes grecques l’effort sur le déficit et sur la dette, alors qu’il pouvait y avoir un consensus national sur cette question, c’est faire une faute. Choisir la facilité sur cette question, c’est une faute qui marquera le début du quinquennat.

Quand vous l’entendez affirmer à propos du pouvoir d’achat qu’il ne peut pas « vider des caisses déjà vides », traduisez-vous que l’heure du renoncement a sonné ?

C’est simplement la revanche de la réalité face à des promesses purement et simplement intenables.

Revendiquez-vous l’étiquette de « premier opposant à Nicolas Sarkozy » ?

Ce genre de cliché ne m’intéresse pas. Je ne suis pas un opposant mécanique, systématique. Simplement, je ne cède pas un pouce de terrain, quoi qu’il m’en coûte, quand je considère que l’essentiel est en jeu.

Êtes-vous à équidistance de l’UMP et du PS ?

Leur perpétuelle opposition est d’un autre temps. Regardez la crise des socialistes. Regardez la mise en scène de Blair par l’UMP. La question qui va venir, si je ne me trompe pas, est celle de la reconstruction, sur des bases saines, du modèle républicain français. Et ce jour-là, il faudra des reconstructeurs venus de tous les grands courants de la démocratie française.

Divisions à Paris, Lyon, Strasbourg… Le MoDem c’est « moins on est nombreux, plus on se dispute » ?

C’est vrai que l’arrivée de dizaines de milliers d’adhérents nouveaux, exigeants, c’est un changement de culture. Mais pour moi, c’est un bonheur. Et dans toutes ces villes, au bout du compte, nous serons présents, autonomes et rassemblés.

Si vous échouez aux municipales de Pau, arrêtez-vous la politique ?

Je n’ai pas l’intention d’échouer. Mais je n’en fais pas un test national. C’est une ville à qui on ne parle pas comme à une autre. Pour vous, c’est une ville moyenne, de province. Mais pour nous, c’est une capitale, qui a une grande histoire et je crois un grand avenir. Nous, nous la regardons avec d’autres yeux. Nous avons besoin que la ville se porte bien, qu’elle vise haut. Chez nous, il y a une fierté. La ville a eu une grande histoire d’amour avec quelqu’un qui sortait de l’ordinaire, André Labarrère. Elle sait que c’est le moment pour elle d’en commencer une autre. Mais elle veut que ce soit une autre grande histoire. Pas du banal. Vous voyez, ce n’est pas de la politique comme vous l’entendez. C’est plus humain. Et je vais y mettre, ces prochaines années, toutes mes forces.

Ségolène Royal est-elle aujourd’hui pour vous une alliée ou une rivale ?

Ma situation n’est pas facile, la sienne non plus. Je trace un chemin nouveau. Son chemin, plus classique, est barré par une crise grave. La crise du PS est dans son nom même. Imaginez-vous un responsable du PS venir à la télé et déclarer : « l’avenir de la France , c’est le socialisme ! » Si vous ne pouvez pas prononcer une telle phrase, alors vous ne pouvez plus vous appeler Parti Socialiste… Et derrière cela, il y a la question des alliances. Pour moi, je n’ai pas ce type de question : si la désillusion est à la mesure de ce que je crois, il faudra que tous les reconstructeurs se réunissent. Il faudra faire travailler ensemble des démocrates, des socialistes, des républicains, y compris de droite, par exemple des gaullistes qui sont aujourd’hui plein de doutes et de questions.

Il y a un an, vous vous apprêtiez à décoller dans la campagne présidentielle. Qu’avez-vous raté pour ne pas être au second tour ?

L’obstacle que je n’ai pas réussi à franchir, je le connais. C’est le remords du 21 avril 2002, qui pesait si fortement sur la gauche. Beaucoup d’entre eux, au fond, savaient que Ségolène Royal serait battue. Mais ils ne supportaient pas l’idée que le PS soit absent, pour la deuxième fois, du second tour. Dans l’avenir, la question se posera différemment.

Une chose que Nicolas Sarkozy vous a apprise ?
Le mouvement perpétuel. Mais pour aller où ?

De Ségolène Royal ?
Que l’image ne suffit pas.

Une chose que vous apprend Barak Obama ?

Si l’on veut offrir une alternative, il faut se tenir loin du système qu’on veut remplacer.

Toutes les notes