mardi, 14 octobre 2008

Intervention lors de la session du vendredi 10 octobre

Intervention de Monique RYO

 

Canal Seine -Nord Europe

 

 

Je voudrais tout d’abord rappeler que la réalisation de cette jonction de 106 Km passant par la Somme et reliant le bassin Parisien et le Nord Pas de Calais et au-delà le Benelux et les 20 000 Km de réseau fluvial Européen, c’est le fruit de nombreuses années de combat.

 

De nombreux élus, au 1er rang desquels Stéphane DEMILLY travaillent depuis des années pour cette réalisation et pour son passage par Péronne et Nesle, je connais d’autant ce dossier qu’il y a encore 15 ans je me battais pour le passage par Saint-Quentin qui était alors une solution évoquée.

 

Le Canal, ce n’est donc pas le fruit du hasard et il convient donc de ne pas se comporter comme si c’était le cas et donner l’impression que nos esprits n’y sont pas bien préparés…

 

Un aménagement comme celui-là symbole de toutes les valeurs développées dans le grenelle de l’environnement est une opportunité exceptionnelle pour l’économie, le tourisme et l’image de notre Région, mais la transformation de cette opportunité en richesses passe, au-delà de la prise de conscience de la chance à saisir : elle passe par une attitude pro active et non attentiste.

 

« L’expérience est un bien précieux, elle nous permet de reconnaître une erreur dès que nous la faisons ». Cette phrase cynique a pour objet de faire réagir ceux qui n’ont pas de mémoire.

Rappelons nous l’autoroute A1 dont le début des travaux remonte à 1954 à LILLE pour s’achever en 1965 à Paris.

 

Il nous a fallu plus de 40 ans, certes poussé par la gare TGV, pour comprendre qu’il n’y avait ici en Picardie une opportunité unique d’aménagement d’un espace économique.

 

Allons nous attendre aussi 40 ans pour comprendre que le Canal Seine Nord est la nouvelle colonne vertébrale géographique de notre Région et qu’elle représente une chance historique ?

 

Certes, le bouclage financier d’un tel investissement est un exercice périlleux et les négociations financières avec les collectivités, et notamment avec la nôtre, sont naturellement tendues.

 

Mais, par les temps qui courent… où l’argent est particulièrement rare, à un moment où la volonté de faire des économies publiques pour ne pas plomber honteusement les générations futures est un sujet quotidien de préoccupation, obtenir un projet d’une telle ampleur dans un contexte aussi difficile devrait décupler notre motivation et notre enthousiasme !!!!

 

Et pourtant, force est de constater, Monsieur le Président, que c’est plutôt le « silence radio » de la part de ceux qui ont en charge l’aménagement du territoire, c’est à dire le Conseil Régional…

 

Dans le SRADDT (Schéma Régional d’Aménagement du Territoire) rappelez vous, on en parle à peine…

 

Dans les séminaires de travail consacrés au Canal, l’exécutif régional picard brille par son absence alors que les élus de la région Nord Pas de Calais, eux sont présents !

 

Monsieur le Président, il est urgent de passer du statut de spectateur grognon à celui d’acteur !

 

Il faut créer, sous l’impulsion du Conseil Régional, une cellule de travail spécifiquement dédiée à ce projet en y associant naturellement les acteurs locaux qui seuls ne peuvent affronter un tel projet et en décliner les ambitions légitimes.

 

Je crains que si nous ne prenons pas le taureau par les cornes, nous finissions par regarder passer les barges et que nous subissions les décisions unilatérales de VNF et des futures concessionnaires du canal.

 

Alors bien sûr je vous dis OUI à un plafonnement du montant global.

 

Je dis OUI à la prise en compte du coût des financements au raccordement multimodal.

 

OUI, à une convention de partenariat spécifique pour le développement des plateformes.

 

Mais, Monsieur le Président

 

MOBILISEZ-VOUS

 

MOBILISEZ NOUS au-delà des clivages inhérents à la vie démocratiques pour que la Picardie gagne, pour que la Picardie soit au cœur de l’action et que pour que les Picards ne fassent pas que payer.

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