mercredi, 07 février 2007
François Bayrou à Canal Plus
François Bayrou était le rédacteur en chef du Grand Journal sur Canal Plus. L’émission de ce soir lui ressemblait puisque les invités l’ont tous été par ses soins. Des représentants de l’association Zy’Va à Cindy Sheehan, sans oublier Jean de Condé, président du collectif "pauvreté précarité", le rapport à la solidarité fut le thème central de cette émission. Les intervenants, par leurs activités, ont ainsi relayé l’intérêt du candidat à la présidentielle sur cette question de l’entraide et du lien social, notamment à travers la question de l’éducation.
François Bayrou n’a pas manqué de rappeler que demain à Bordeaux, il entamera la déclinaison de son programme. Le premier axe sur les cinq à venir qu’il développera en public portera sur le volet social.
Il s’est démarqué de Nicolas Sarkozy, qui se présente, sur le tard, comme un rassembleur. Contrairement à ce dernier, François Bayrou propose de rassembler au moment des élections et ne prétend pas prendre le pouvoir seul pour discuter après s’il faut ou non rassembler des compétences provenant de diverses horizons politiques.
L’émission étant ponctuée de reportages et d’un "zapping", au moment où l’on passe une intervention du candidat UMP face à des citoyens au cours d’une émission de TF1 du 5 février, François Bayrou dénonce ce comportement qui consiste à toujours se rapporter aux origines des gens, à leur religions, leur rites, et à les stigmatiser alors qu’ils se sont intégrés et sont présents depuis des générations sur le sol Français.
Un autre des invités de François Bayrou, Jean de Condé, président de l’association "pauvreté précarité", dans la lignée d’un abbé Pierre, moins célèbre, agit auprès des plus défavorisés. Le candidat à la présidentielle profite de sa présence pour évoquer le problème de "l’absence d’État là où cela va mal". Il parle également du manque d’attention, de "regard" de la société à l’égard des plus démunis. Pour lui, il est essentiel que l’État soit "prêt" de ces associations, de ces bénévoles, qu’il accompagne leurs actions. Cela serait bien plus efficace que de grandes mesures d’ensemble, trop abstraites. A titre d’exemple, Jean de Condé avait évoqué lors d’une précédente rencontre qu’il lui faudrait une centaine de milliers d’euros pour "finir l’année tranquillement".
Dans la partie du Grand Journal consacrée à la culture, François Bayrou en profite pour présenter le livre ("Peace Mom") et le combat de Cindy Sheehan, une de ses invités, mère de Casey, vingt-quatre ans, tué en Irak par une milice chiite, en avril 2004 à Sadr City, un faubourg de Bagdad. Elle milite activement depuis pour la fin de la guerre en Irak et elle est soutenue par des citoyens et des personnalités américaines désormais. François Bayrou confirme l’idée qu’il avait alors défendue en s’opposant à cette entrée en conflit. La France a eu une attitude "parfaitement juste", et il faut "résister à des choses lourdes" lorsque qu’on est chef d’État, a-t-il défendu.
Le candidat à la présidentielle a rappelé qu’il projetait d’axer sa politique sur l’éducation et de faire des économies sur les dépenses inutiles telles que l’administration de papier.
Après avoir rappelé certaines de ses valeurs, comme son rapport à la terre, acquises au cours de son expérience dans l’exploitation familiale, il donne son avis sur l’émission récente où Nicolas Sarkozy s’est retrouvé face au public. "J’aimerais qu’elle [émission] soit plus ouverte et moins préparée". Ce qui laisse entendre que ce genre de rencontre laisse peu de place à la spontanéité des uns et des autres.
Face à Jean-Michel Aphatie, François Bayrou confirme son attachement à la province et défend cela face à l’idée d’une surexposition parisienne. En conséquence, il ne faut pas minorer l’importance de la presse régionale à laquelle il tient.
Enfin, il dénonce ce que Jean-Michel Aphatie défend souvent : le bipartisme – "deux partis derrière lesquels on trouve les mêmes enjeux" - et la nécessité de son dépassement. François Bayrou est un républicain, pas un homme de parti.
Canal Plus
12:10 Publié dans Bayrou 2007 | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : présidentielles, bayrou, udf, programme, canal plus, grand journal, télévision
mardi, 06 février 2007
Interview de Jean-Louis Bourlanges, député européen UDF
"François Bayrou prend des voix à gauche"
Interview de Jean-Louis Bourlanges
Le Télégramme - 02.02.07
François Bayrou fait l’événement. Le candidat apparaît désormais comme "le troisième homme" de la prochaine élection présidentielle. Les sondages le placent devant Jean-Marie Le Pen, et le président de l’UDF commence à croire qu’il lui sera possible de se qualifier pour le second tour. Jean-Louis Bourlanges, député européen et membre de l'UDF, analyse les espoirs et les chances du candidat de sa formation. Avec le regard du politologue qu’il est par ailleurs. Un des meilleurs connaisseurs de la droite française.
À quoi attribuez-vous la poussée (significative et régulière) de François Bayrou dans les sondages ?
Cette progression tient à trois facteurs. François Bayrou bénéficie d’abord de l’allergie croissante des Français à la monopolisation du pouvoir par deux formations politiques. Le PS et l’UMP ne se maintiennent que parce qu’ils profitent d’un système institutionnel qui est un redoutable carcan et crée une frustration très grande dans l’opinion. Le deuxième facteur de progression de François Bayrou tient au fait qu’il est un candidat de bonne qualité. Il est évidemment contrarié par un système politique bipolaire, mais il se situe au point d’équilibre de la société française. Il a par ailleurs des qualités de caractère d’autant plus remarquables qu’elles ne sont pas le lot commun de sa famille politique. Il affiche une modération et une prudence, notamment en matière de gestion des finances publiques qui, je le crois, sont perçues comme rassurantes par les Français. François Bayrou bénéficie enfin d’un double effet d’inquiétude qui affecte les candidatures Sarkozy et Royal. Concernant Nicolas Sarkozy, cette inquiétude, à mon avis injustifiée, est suscitée par la personnalité du candidat. L’inquiétude à propos de Ségolène Royal est plus réelle et sérieuse. Elle procède de l’insuffisance de plus en plus voyante de la candidate socialiste.
François Bayrou affirme qu’il sera présent au second tour de l’élection présidentielle. Cela vous paraît-il crédible ?
Ce sera aux Français de le dire. J’observe simplement que Bayrou a plus que doublé les intentions de vote en sa faveur ; et cela en à peine quelques semaines. Il semble aujourd’hui qu’il a nettement dépassé Le Pen, ce qui élimine l’argument du vote utile qui était utilisé jusqu’alors contre lui. J’ajoute que l’on ne peut exclure un délitement, voire un effondrement des intentions de vote en faveur de Ségolène Royal.
Ce n’est toutefois pas l’hypothèse la plus probable. Que fera-t-il s’il n’est pas qualifié le 22 avril ?
Je suis convaincu que Bayrou a raison de refuser de se placer dans l’hypothèse d’un échec (même si cet échec ne serait que relatif). On ne se présente pas à une élection en expliquant aux électeurs ce que l’on ferait en cas d’échec. S’il devait ne pas être qualifié pour le second tour, il devra éviter d’agir comme Lecanuet en 1965 et comme Chirac en 1981. Le refus de Lecanuet d’appeler à voter de Gaulle au deuxième tour de 1965 a hypothéqué sa carrière. Elle a permis l’émergence d’un centre qui acceptait les règles de la V e République, et, pour finir, celle de Valéry Giscard d’Estaing. Les centristes qui ont fait carrière après 1965 n’ont pas été ceux qui se sont opposés à de Gaulle et à la V e République. À l’inverse, Jacques Chirac n’a pas pâti d’avoir contribué à faire élire François Mitterrand en 1981. Mais la grande différence entre Lecanuet et Chirac est que ce dernier verrouillait le principal parti de la droite. Il pouvait donc se permettre cette transgression. La situation de François Bayrou est différente. Il dirige un parti relativement modeste, situé à la frange de la majorité et de l’opposition. C’est pourquoi, indépendamment d’autres considérations d’ordre national, je crois que ce serait une grave erreur pour François Bayrou de céder à la tentation du « TSS » (Tout Sauf Sarkozy).
On constate aujourd’hui des remous paradoxaux au sein de l’UDF. Bayrou s’affirme et un certain nombre d’élus de cette formation l’abandonnent au profit de Sarkozy. Comment l’expliquez-vous ?
Cette tentative de déstabilisation s’explique par des raisons géographiques. Les élus des Hauts-de-Seine sont évidemment sensibles aux sirènes sarkozystes. Et, dans le Valenciennois, certains membres de l’UDF ont des relations étroites avec Jean-Louis Borloo. Ce clivage nouveau tient simplement à la géographie politique. Je crois que la percée de François Bayrou ne devrait pas inquiéter Niccolas Sarkozy. Compte tenu de son positionnement, Bayrou prend l’essentiel de ses voix à la candidate de gauche. Les défections actuelles dans les rangs de l’UDF ont en réalité pour objectif de faire pression sur Bayrou pour l’amener à soutenir Nicolas Sarkozy le moment venu, c’est-à-dire au deuxième tour, pour lequel le candidat UDF ne serait pas qualifié.
Le fait que l’UDF compte dans ses rangs des sarkozystes n’est pas franchement surprenant. Mais comment expliquez-vous que certains membres de la formation de Bayrou louchent vers Borloo ?
Le secteur politique occupé par Jean-Louis Borloo est très proche de celui de François Bayrou. L’un se situe à l’intérieur et l’autre à l’extérieur de l’UMP. Or, chacun sait qu’il n’y a pas place pour deux crocodiles dans le même marigot.
Si Bayrou n’est pas qualifié pour le second tour, mais s’il obtient plus de 10 % des voix au premier tour, sera-t-il en situation d’être le faiseur de roi ?
Si François Bayrou obtient plus de 10 % des voix, il jouera un rôle déterminant. Paradoxalement, s’il obtient 15 % ou davantage sans se qualifier pour le second tour, cela sera simplement le signe d’une dégringolade de Ségolène Royal et le poids électoral de Bayrou sera moins important. Il me semble que la vraie question que se posera Bayrou à l’approche du deuxième tour sera : « Que faire de mon succès ? » Et la réponse ne va pas d’elle-même, parce qu’il n’envisage pour lui-même que le premier rôle.
Vous passez depuis longtemps pour un des meilleurs observateurs des évolutions de la droite. Quand Nicolas Sarkozy affirme qu’il a changé, le croyez-vous ?
Je n’ai pas le sentiment qu’il ait vraiment changé. Je crois en revanche qu’il a mûri. Il est vrai qu’il est plus dense, plus expérimenté, moins « chien fou » qu’il y a vingt ans. Il a renoncé à l’atlantico-libéralisme et il fait écrire ses discours par Henri Guaino. Cela signifie qu’il s’inscrit désormais dans un cadre gaulliste plus traditionnel. Il est en quelque sorte passé de la campagne Balladur 95 à la campagne Chirac 95. C’est davantage un changement de programme qu’un changement de personnalité.
12:01 Publié dans Bayrou 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, bayrou, présidentielles, politique, programme, udf, jean-louis bourlanges
Le parti fédéraliste rejoint François Bayrou
Le parti fédéraliste rejoint François Bayrou
Christian Chavrier, président du Parti fédéraliste, a annoncé lundi son retrait de la course à l'élection présidentielle. "Ce ralliement de conviction, d'adhésion et de responsabilité fait suite à plusieurs semaines de discussions", indique M. Chavrier dans un communiqué.
Selon lui, "François Bayrou est le candidat le mieux placé pour promouvoir les valeurs du fédéralisme européen et prôner une régionalisation cohérente et pertinente pour la France , deux axes prioritaires du Parti fédéraliste".
"Le vote centriste est un vote constructif et rassembleur, qui ancrera résolument la France en Europe", ajoute-t-il. Christian Chavrier indique qu' il participera au déplacement du candidat à l'élection présidentielle le 12 février à Strasbourg. Il précise qu'avant son retrait, il disposait de 419 promesses de parrainage d'élus, sur les 500 nécessaires. Ce ralliement a été confirmé lundi par l'équipe de campagne de François Bayrou.
11:59 Publié dans Bayrou 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, présidentielles, bayrou, udf, politique, programme, parti fédéraliste
lundi, 05 février 2007
François Bayrou à l'émission "Chez F.O.G"
Ensemble pour un changement républicain
3 février 2007
Au cours de l'émission "Chez F.O.G." sur France 5, diffusée le 3 février, François Bayrou fut confronté à trois auteurs, Catherine Nay, Elisabeth Lévy et Pierre Combescot. Ce débat, enlevé, parfois tendu, entre Catherine Nay et le candidat à la présidentielle, pourtant courtois à son égard, a permis de démontrer toute la cohérence et la profondeur de la démarche politique de François Bayrou dans un climat actuel davantage propice aux "coups bats" et petites phrases assassines, dont il est, lui-même, peu coutumier.
Suite au rappel de la part de Franz-Olivier Giesbert de sa récente envolée dans les sondages, François Bayrou évoque l’envie des Français de sortir du "matraquage qu’on leur impose actuellement". Cette supercherie ne pourrait masquer la volonté des Français d’offrir le choix d’une véritable alternative républicaine à cette opposition récurrente et stérile qui leur est proposée depuis 25 ans entre les deux grands partis de droite et de gauche. Et lorsqu’on invoque le "mauvais exemple" d’un gouvernement d’union ouvrant un boulevard à l’extrême droite en Autriche, François Bayrou rétorque que les autrichiens eux-mêmes se sont rendus compte de leur erreur et on réclamé une nouvelle génération de femmes et d’hommes "pour prendre en main le pays".
La situation que réclamait le contexte de 1958, alors que le général de Gaulle était au pouvoir est analogue à ce "drame" que vit la France aujourd’hui, d’après celui qui estime qu’il y a des gens de gauche et de droite respectables avec qui il pourrait travailler, une fois à l’Elysée. D’ailleurs, il pose la question suivante : "Pourquoi ce qu’il y aurait d’un peu neuf et de courageux serait une idée tellement gênante quelle entraineraît tous les anathèmes des biens pensants de tout le monde médiatico-politique ?"
François Bayrou parle également d’Europe au contraire des autres candidats durant la campagne, semblant éluder un thème pourtant primordial à l’heure de la mondialisation : "Je pense qu’aucun problème ne seraient résolus si l’Europe n’existait pas…". Il se propose de défendre cette idée, essentielle pour lui, durant la campagne. Il a confirmé au cours de l’émission que les Français avaient craint deux choses : d’une part, que l’Europe, imaginée dans le texte proposé en 2005 ne leur "impose un projet qui n’était pas le leur" - ultra libéral -. Et précise que "les réponses à ces craintes n’étaient pas assez claires et transparentes". D’autre part l’entrée de pays comme la Turquie a provoqué la peur de perdre leur identité.
Le projet européen étant le salut de la France pour l’avenir, François Bayrou ajoute, que "le jour où les Français comprendront que le projet européen est dans cette logique-là [projet de société et défense des identités]… Ils le choisiront à nouveau mais c’est un combat".
Lorsqu’il s’agit d’évoquer son éventuelle responsabilité suite à l’échec de la gouvernance de la France au cours des 25 dernières années, le candidat à la présidentielle précise qu’il compte bien s’appuyer sur cette expérience que l’on peut juger comme positive, au ministère de l’Éducation. Contrairement à certains prédécesseurs, le respect et la concertation furent des mots d’ordre pour cet ancien professeur de Lettres devenu ministre de l’Éducation nationale entre 1993 et 1997. "S’il n’y a pas de respect, il n’y a aucunes reformes possibles […]. Moi, j’ai été heureux d’être un ministre qui respectait les enseignants, et ils le méritaient !".
A propos de la proposition de loi sur la distribution des canaux en qualité numérique "TNT", François Bayrou, comme il l’avait déjà évoqué à l’Assemblée nationale, lors de son passage à la tribune le 31 janvier dernier, s’étonne que l’on ne respecte pas les principes républicains. Une chaîne telle que TF1 "est là pour servir un cahier des charges au nom duquel on lui a donné la fréquence sur laquelle elle émet". Lorsqu’est évoquée la question des "mass média" et de leur influence, de leur tendance à "l’homogénéisation", il précise l’importance que l’on doit donner au respect de la loi du pluralisme, "autant pour les faibles que pour les forts".
En ce qui concerne la question de la discrimination, François Bayrou résume son sentiment de lassitude ainsi : "Nous avons entre 5 et 6 millions de musulmans en France… Ces femmes et ces hommes-là ne demandent qu’une seule chose, c’est à être Français avec exactement les mêmes droits et mêmes devoirs. Et je commence à en avoir marre que l’on passe son temps à regarder l’origine, la religion…Qui est juif, qui est musulman, qui est chrétien…"
Il présente également son sentiment sur le lourd chantier qui s’avance pour le prochain gouvernement qu’il souhaite diriger : "Reconstruire un pays qui se tienne, c’est la seule alternative…une œuvre de dix ans ou quinze ans !! On est devant des choses lourdes… Il faut par exemple remettre l’État là ou cela va mal", et non là où il est suffisamment présent.
13:36 Publié dans Bayrou 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : présidentielles, udf, bayrou, politique, programme
"La France, terre de l'entreprise"
François Bayrou : " La France , terre de l'entreprise"
En visite au Salon des Entrepreneurs au Palais des Congrès à Paris, François Bayrou a détaillé les avancées qu'il propose aux entreprises. En particulier aux entrepreneurs, insistant sur l'aspect humain de l'activité entrepreneuriale. Interrogé par deux journalistes, le candidat à l'élection présidentielle a proposé deux emplois sans charge pour chaque entreprise, quelle que soit sa taille et son importance économique. Le financement d'une telle mesure sera mécanique, selon François Bayrou.
Il a également insisté sur le "Small Business Act" à la française, "calqué" dit-il, du modèle américain inventé en 1953. Aider les très petites et petites entreprises dans toutes leurs démarches administratives et leur réserver les marchés publics de moins de 50.000 euros. A hauteur de 20% d'entre elles pour les marchés publics supérieurs à cette somme. François Bayrou a voulu attirer l'attention sur la formation professionnalisante des universités, débaucher par exemple les enseignants pendant une année en entreprise et en priorité les élèves, à l'image des écoles d'avocats.
13:25 Publié dans Bayrou 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : présidentielles, bayrou, udf, programme, politique, entreprise, small business act
vendredi, 02 février 2007
François Bayrou et la laïcité
François Bayrou : La laïcité, c'est le toit de la maison en France
François Bayrou a défendu la laïcité lors d'une rencontre avec des représentants de la communauté musulmane en Provence-Alpes-Côte d'Azur : "La laïcité, c'est le toit de la maison en France, la clef de voûte de l'architecture de la société française (…) On a besoin de pouvoir vivre ensemble dans la même maison". Le candidat à la présidentielle s'est ainsi démarqué de Nicolas Sarkozy qui veut changer la loi de 1905 sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat : "moi je veux la garder. (...) Il y a peut-être de petites adaptations ou mises à jour (à faire) mais on peut parfaitement se satisfaire de la loi de 1905".
Pour François Bayrou, "La laïcité, c'est aussi le respect pour les cultes". Il s'est ainsi prononcé pour les baux emphytéotiques (longue durée) accordés par les collectivités locales pour la construction de mosquées : "Beaucoup de musulmans en France se sentent mal à l'aise, il veulent pouvoir avoir le droit d'être enterrés dans des carrés musulmans, avoir des lieux de cultes... il y a besoin d'une grande pacification dans la société française". Enfin, François Bayrou a critiqué le Conseil français du culte musulman (CFCM): "je pense que la communauté des musulmans français ressent le besoin d'être représentée mais on n'a pas trouvé le bon équilibre avec le CFCM".
10:20 Publié dans Bayrou 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : présidentielles, bayrou, udf, programme, politique, laïcité, religions
jeudi, 01 février 2007
Pacte écologique
François Bayrou : "L'environnement, c'est du long terme."
François Bayrou a rappelé que la lutte contre l’effet de serre était un "impératif, qui exige une action de long terme, par opposition au court terme politique." Nicolas Hulot, dans son Pacte écologique, a imposé cinq axes prioritaires. Le candidat à l’élection présidentielle a appelé à la mobilisation, alors que se tient à Paris la réunion du Giec, le Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat. Favorable à une taxe carbone, "très importante et difficile à mettre en place", François Bayrou l'instaurerait avec un préavis "pour avoir une idée de l’évolution de cette taxe."
11:55 Publié dans Bayrou 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : présidentielles, Hulot, Bayrou, udf, politique, programme, écologie
mercredi, 31 janvier 2007
Colloque UDF : "Co-développement et coopération partenariale"
Discours de François Bayrou
Colloque UDF : "Co-développement et coopération partenariale "
Paris - 30 janvier 2007
(Seul le prononcé fait foi)
Ma gratitude va à tous ceux qui ont animé les tables rondes, à ceux qui y ont participé tout l'après-midi, à Thierry Cornillet pour avoir organisé cette rencontre, lui qui est au Parlement européen le pilier de ce qu'on appelle "les ACP", le travail avec les pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique.
J'ai été très frappé par ce qui a été dit, et voudrais reprendre quelques-unes des idées évoquées.
Ce n'est pas une question politique comme les autres, ce n'est pas un des chapitres de l'action politique, que l’on classe habituellement en fin de programme : "Ah tiens, on a oublié le développement !"… cela ne rend pas compte de la gravité de ce que nous avons à traiter.
Pour moi, la question s'exprime en une phrase : nous avons un problème d'assurance-vie pour l'humanité, pour l'équilibre de la planète, l'équilibre des sociétés développées comme celui des sociétés qui doivent se développer. Ce n’est pas un problème seulement pour l'Afrique, c’est un problème pour le monde.
Quand les riches imaginent que la misère est un problème pour les pauvres, ils ne comprennent pas ce qu'est désormais l'imbrication de l'humanité, la réciprocité des grandes questions. J'ai aimé l'expression utilisée par le ministre sénégalais Agne : "les problèmes de la misère ne sont pas nos problèmes, car ils seront exportés, qu'on le veuille ou pas !"
Il y a une unité de l'humanité, des pays pauvres ou riches : plus on détruit cet équilibre, plus le monde tout entier est en danger. Il y a un risque de non-assistance à humanité en danger.
Je suis frappé en particulier par les réflexions sur l'immigration, par les déséquilibres que l'immigration amène , et d'abord pour les migrants eux-mêmes : discrimination, racisme, haine… Je suis de ceux qui pensent qu'à chaque fois qu'il y a des déplacements de population importants, il y a des déséquilibres. J'ai découvert en Guadeloupe le racisme croissant à l'égard des Haïtiens, qui sont leurs frères de race, d'Histoire. J’ai découvert les problèmes à Mayotte à l'égard des Comoriens, pourtant frères de sang, oncles, neveux, frères ou cousins. Ces grands déplacements provoquent des fractures. Je suis partisan de traiter clairement cette question.
Je ne cesserai d'exprimer ma conviction : il est légitime qu'il y ait des tentatives de régulation, pour que les déséquilibres ne soient pas trop importants - tout le monde le fera quelle que soit sa couleur politique - mais je ne crois pas que le problème se réglera par la police, les douaniers, les charters, les miradors, les chiens policiers, pratiques que beaucoup appellent de leurs vœux, mais qui sont un pis-aller.
La question de l'immigration ne peut se traiter que par le développement des pays dont la misère chasse ceux qui viennent chez nous. Il n'y a pas d'autre approche.
Nous sommes face à l’un des plus grands échecs que notre génération ait vécu.
Madame Monnou [du Forum des Organisations de Solidarité Internationale issues de l'Immigration, vice-présidente de Coordination Sud], en vous écoutant ainsi que monsieur le Ministre [Abdourahima Agne], je me remémorais l'adolescent que j'étais, en cours d’Histoire, écoutant le cours sur le colonialisme. C’était très simple. On allait en Afrique, on prenait les matières premières, on prenait des populations pour venir travailler chez nous, et on réexportait des produits à haute valeur ajoutée.
Je pensais alors que cette époque s'achevait, et qu'on allait entrer dans une nouvelle époque. Mais quand je regarde aujourd'hui la structure des échanges, la manière dont fonctionnent les relations entre Afrique et Occident, je constate que l'on continue. Quelquefois même, on théorise l'exportation de main d'œuvre utile vers nos pays. Cela continue exactement de la même manière, plus aisément encore, peut-être, parce qu'on en parle moins.
J'ai été très frappé par les chiffres évoqués : il y a trente ans, l'écart entre les dix pays les plus riches et les dix les plus pauvres était de 1 à 5. Il est maintenant de 1 à 50 ! On a multiplié le gouffre par dix. Or nous ne sommes distants que de quelques centaines de kilomètres. C'est une loi de l'humanité : quand les plus pauvres sont à côté des plus riches, ils s'en vont chez les plus riches, à pied, à cheval ou en voiture, en bateau, en rampant s’il le faut, en usant leurs ongles sur les murailles de Ceuta et de Melilla. Soyons capables de regarder la réalité en face, sinon nous vivrons des drames, la déstabilisation des démocraties, la drogue, les pandémies…
Il convient de changer notre mode de pensée et de réflexion.
L'objectif qui doit être le nôtre, c'est que les femmes et les hommes de ces pays soient en situation de vivre et de travailler au pays, de nourrir et équiper leur continent, et cela au lieu d'être arrachés à leur terre, plongés dans le chômage, si bien que nous sommes appelés à nourrir et équiper leurs pays.
Cela impose un changement de vision et de politique. Je vais m'arrêter au monde agricole : un milliard 300 millions de chefs de famille sont agriculteurs, dont 200 millions ont une bête de somme, 30 millions un tracteur : un milliard et presque 100 millions n'ont que leurs deux mains. Ils représentent 50, 60, 70% de la population de leur pays. Si nous n'avons qu'une approche strictement économique, nous les arracherons à leur terre et les jetterons dans les bidonvilles. La réflexion sur l'agriculture doit prendre en compte la question de la nourriture de l'humanité, mais doit se fixer comme objectif de conserver à la terre le plus grand nombre possible de paysans . Ce qui veut dire une remise en cause du modèle d'échange agricole que nous imposons à ces peuples depuis des années.
La politique irresponsable des Etats-Unis et de l'Union Européenne, qui prélève des impôts pour effondrer le prix des produits agricoles et les déverser sur le continent africain, incapable de produire avec les mêmes rendements, de produire à ces mêmes prix effondrés, est criminelle. Nous sommes, en France et aux Etats-Unis, les producteurs de blés et de maïs qui avons les plus hauts rendements (100 à 120 quintaux à l'hectare) ; avec deux mains on peut produire au maximum 10 quintaux. Alors, sur un même marché, c'est impossible : les productions du Nord inondent le Sud et arrachent à la terre des centaines de millions de personnes. De surcroît, cela provoque un profond malaise chez les producteurs européens et américains, qui eux non plus ne peuvent pas vivre de leur travail. Il y a quelque chose de détraqué dans la manière dont nous avons organisé les échanges, au moins dans le domaine agricole. Je suis persuadé que nous pouvons trouver, dans le domaine industriel, des phénomènes du même ordre.
Deuxième idée : je suis très heureux que vous ayez utilisé le terme de co-développement, même si je ne me lancerai pas dans des définitions, puisque vous en avez donné plusieurs différentes !
Le développement impose de reconnaître la légitimité des peuples et celle des dirigeants , de ceux qui ont la charge de ces pays et de ces continents. Ce n'est pas à nous de définir leur développement. Nous devons les considérer comme des partenaires à égalité de légitimité avec nous.
Nous devons donc adopter des démarches politiques différentes.
D'abord, renoncer à un certain nombre de pratiques de déséquilibre, comme le pillage des cerveaux auquel on nous invite à nous livrer - on va chercher des médecins pour pallier les carences qui sont les nôtres en France. Sur ce point, je mets en cause le concept d'immigration choisie défendu par Nicolas Sarkozy. Il y a quelque chose d'injuste à vouloir priver les pays en voie de développement de ceux qui, dans les générations nouvelles pourraient être les principaux acteurs de ce développement, à annoncer que "nous allons trier, pour que les meilleurs de chez vous viennent chez nous" ! Les meilleurs des pays africains, nous devons les encourager à porter le développement des pays africains. Les aider et non les trier.
Notre politique de développement doit soutenir les démarches démocratiques dans les pays avec lesquels nous travaillons. Ce qui veut dire un certain nombre de changements dans la façon dont la France conduira sa politique africaine. L'idée que, par une certaine pratique politique, on se fait des obligés de gouvernements qui défendront nos positions dans les enceintes internationales, ce n'est pas une idée du développement. Tous les hommes ont droit à la démocratie, pas seulement les habitants des pays riches.
On doit soutenir, ne serait-ce que les écoutant, les forces qui défendent une vision démocratique dans les pays qui sont nos partenaires. Cela fera le développement des pays pauvres, cela fera aussi notre développement dans les pays riches, ce sera un plus pour nous. Les réseaux, les facilités, les yeux fermés, ça ne correspond pas à l'idée que nous nous faisons du développement démocratique de la France.
Ce développement ne peut être conçu uniquement de puissant à puissant.
La coopération à la base, la coopération décentralisée, celle qui supporte en particulier la microfinance, coûte moins cher et est infiniment plus efficace pour le développement du tissu social , que les politiques de développement qui transitent par des circuits politiques et autres, où je ne suis pas sûr qu'on trouve à l'arrivée ce qu'on avait mis au départ : j'ai depuis longtemps l'impression que des fleuves de subventions se perdent dans les sables.
Ces réseaux ou micro-réseaux, des ONG les plus puissantes aux plus petites coopérations, sont à la dimension humaine des problèmes à traiter. Ils n'ont pas que des avantages, et cela ne remplace pas tout : bâtir une centrale électrique, une université, c'est à l'échelle des nations ! Mais j'insiste pour qu'on aille vers le micro, la coopération à la base, celle des villes, des départements, qui prend en charge des problèmes concrets, dont on peut voir de ses yeux comment ils sont résolus.
Je veux insister sur le commerce équitable. Il y a là une coresponsabilité dans le développement, qui est une des réponses les plus intéressantes, les plus riches, qu'on ait trouvées ces dernières années , en particulier à l'initiative de votre organisation (l'ONG Max Havelaar). Sur quoi repose le commerce équitable ? Sur l'organisation des producteurs et d'une distribution qui intègre les nécessités du développement. Ce n'est pas de la charité, c'est la prise en compte, par des associations, par des ONG, par des sociétés qui intègrent le développement dans leurs objectifs, des problèmes concrets des producteurs auxquels on s'adresse. Cette organisation rend possibles une garantie des prix, de la qualité, de la commercialisation. Un autre commerce est possible, une autre conception de l'économie est possible, qui intègre autre chose que des intérêts financiers à court terme.
Ceci est pour nous un autre modèle de développement : pas seulement pour les plus pauvres de la planète, pour nous ! Nous intégrons d'autres valeurs, d'autres objectifs, que les seules valeurs financières. Quand nous intégrons ces autres valeurs, que l'on pourrait dire éthiques, morales, nous servons le tissu social des pays pauvres, nous servons notre propre équilibre social, nous offrons à nos enfants un autre visage de nous-mêmes, nous devenons responsables en étant consommateurs.
Ça vaut bien les 5% ou 10% de plus qu'il faut consentir !
Je voudrais ajouter une dimension supplémentaire.
Cette nouvelle conception du développement est une richesse formidable si nous considérons que les migrants chez nous sont des partenaires de cette politique de développement équilibré , sont coresponsables. Considérons-les comme des femmes et des hommes en situation de construire un nouvel équilibre du monde. Ils sont les plus capables, et de loin, de nous expliquer les réalités des pays d'où ils viennent, et où ils ont bien raison de conserver des liens. C'est un droit élémentaire de la personne humaine de garder des liens avec sa langue d'origine, sa famille d'origine ! Permettez à un Béarnais de considérer qu'on peut être pleinement engagé dans la communauté française en additionnant son identité, au lieu de la soustraire. L'identité n'est pas forcément monocolore. Chacun d'entre nous est capable de conjuguer toutes ces identités : identité d'origine, de citoyenneté, identité européenne et de citoyen du monde. C'est ce qui fait la richesse de ce que nous sommes. C'est parce que nous sommes ainsi, que nous pouvons envisager des problèmes qui ne sont pas ceux seulement ceux de notre tribu, mais ceux de notre famille humaine.
C'est le cas du problème du climat. La question de l'énergie n'est pas seulement celle des pays occidentaux : quand les pays en développement en consommeront autant que nous, nous serons "dans le mur" . Il faut que nous réfléchissions avec ces pays à la façon dont ils se développeront tout en limitant les émissions de gaz à effet de serre. Cela veut dire le partage des connaissances, des techniques, de la Recherche. Par exemple en matière d'énergie solaire, puisque l'ensoleillement est la contrepartie du malheur climatique qui touche, par exemple, le Sahel.
Enfin, notre politique de développement ne peut être une politique uniquement nationale, strictement française. Et cela détendra un certain nombre de situations politiques, notamment en Afrique, qu'elles ne se traitent plus dans le cadre de la "Françafrique". Que nous bâtissions une politique européenne du co-développement, où l'Union Européenne ne se considère pas seulement comme la signataire de chèques, mais comme un partenaire à égalité de légitimité, pour que le co-développement ne soit plus un mot mais une réalité.
Cela signe la nécessité d'une nouvelle politique du développement, fondée sur un respect réciproque , et non plus sur les solidarités anciennes et les réseaux. Cette politique s'adresse à ce que nous avons de plus précieux - car ce qui est un problème de survie pour eux, les pays qui sont nos partenaires et en situation de crise, c'est tout autant un problème pour nous leurs voisins du Nord, pour toute l'humanité. Ces problèmes économiques, humains et de conscience, je suis très heureux que nous y ayons réfléchi ensemble.
Merci beaucoup
15:14 Publié dans Bayrou 2007 | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : présidentielles, bayrou, udf, politique, programme
mardi, 30 janvier 2007
François Bayrou estime que les Français saluent sa différence
10:33 Publié dans Bayrou 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : présidentielles, bayrou, udf, politique, programme
sondages : le troisième homme
Selon un sondage LH2 pour RMC, BFM TV et 20 Minutes, le candidat de l’UDF à la présidentielle serait crédité de 14% des voix au premier tour de scrutin contre 10% à Jean-Marie Le Pen. Au second tour, le candidat de l’UMP, Nicolas Sarkozy l’emporterait face à Ségolène Royal avec 51% contre 49%.
François Bayrou monte semaine après semaine dans les sondages, séduisant à gauche mais aussi à droite, au point de disputer la place de troisième homme à Jean-Marie Le Pen. Après l’IFOP par deux fois et BVA, le l'enquête de LH2 est la quatrième à placer le président de l'UDF devant celui du Front national. Les trois autres instituts (Sofres, Ipsos et CSA) donnent l'ordre inverse. Selon ce sondage LH2 pour RMC, BFM TV et 20 minutes, Nicolas Sarkozy arriverait en tête au premier tour, avec 31% des suffrages, devant Ségolène Royal, créditée de 29%. François Bayrou serait troisième du premier tour, avec 14%, son plus haut niveau observé jusqu'ici. François Bayrou avait été crédité mercredi de 13% par BVA et de 12% puis 12,5% par l'IFOP. Nicolas Sarkozy l'emporterait devant Ségolène Royal au second tour par 51% contre 49
10:20 Publié dans Bayrou 2007 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : présidentielles, Bayrou, udf, politique, programme



