mercredi, 21 mars 2007
François Bayrou à Question Ouverte sur France 2
François Bayrou : "Je suis la seule chance de renouveau !"
François Bayrou était l'invité de Gilles Leclerc dans Question Ouverte sur France 2. Il a évoqué la situation politique du pays. Les candidatures. Il dénonce la mainmaise de l'UMP et du PS sur les leviers de pouvoirs lors des vingt-cinq dernières années. Il souhaite un large rassemblement. Une réforme institutionnelle viendra accompagner son élection, qui sera suivie par une large majorité de rassemblement aux élections élgislatives. Le gouvernement, ouvert aux forces républicaines, sera chargé de redresser le pays.
Il se réjouit que chacun soit candidat, au bout de la course aux cinq cents signatures. Il rappelle qu'il l'avait toujours dit, notamment à propos de Jean-Marie Le Pen. Chacun a pu trouver ses signatures, c'est bien. Désormais, pour François Bayrou, une autre campagne commence. Pour lui comme pour les autres. Une campagne dans laquelle « les enjeux véritables vont apparaître. » selon le candidat à l'élection présidentielle. Pour lui, l'enjeu réel se situe dans la question de savoir si l'on continue comme l'UMP et le PS le souhaitent avec ces majorités habituelles. D'un côté le PS avec tous les pouvoirs, de l'autre l'UMP avec tous les pouvoirs. Ou bien, décide-t-on de changer les choses ? C'est en ces termes que François Bayrou décide de poser le débat qui s'amorce dans la dernière ligne droite avant le 22 avril. François Bayrou rappelle que lorsque l'on demande aux Français s'ils sont favorables à un gouvernement d'union nationale, de rassemblement, ils répondent oui aux deux tiers. Deux Français sur trois affirment que « l'on ne peut plus continuer comme cela. »
Examinons ce qui se déroule en banlieues, dit-il. « Peut-on régler le problème des banlieues, l'un des plus cruciaux qui se posent aujourd'hui à notre République, sans rassembler ? Peut-on abandonner des zones entières, des zones de banlieues aussi bien que des zones rurales ? Peut-on aujourd'hui rééquilibrer le pays entre ces zones défavorisées et ces zones favorisées sans un effort national de très longue durée et qui réunit les Français ? » demande François Bayrou à Gilles Leclerc. Il lui semble que c'est impossible sans un sursaut.
François Bayrou tient à rassurer Gilles Leclerc : il a des adversaires, des concurrents dans cette campagne, qui ne se privent pas de le faire savoir. Mais son principal adversaire, juge-t-il, c'est le système monopolistique installé par le PS et l'UMP depuis vingt-cinq ans. Ces deux partis ont privé le pouvoir aux citoyens. Ils ont conduit la France dans l'état où elle se trouve actuellement. François Bayrou souhaite des idées simples et claires pour sortir le pays de la crise en rassemblant des personnalités qui dépassent ces vieux camps. Il est temps de tendre la main au-delà des frontières idéologiques pour que la France se dote d'un gouvernement exceptionnel en des temps d'exception.
Elu président de la République, François Bayrou compte nommer un gouvernement appuyé sur une majorité nouvelle qui présentera des candidats dans toutes les circonscriptions de France. Et ces candidats seront élus, semble croire François Bayrou. Il veut s'appuyer sur l'exemple de Jacques Chirac en 2002. Au premier tour de l'élection présidentielle, il obtient 19% des voix au premier tour. Cinq semaines plus tard, il se retrouve avec une majorité de 365 députés à l'Assemblée nationale. Et pourtant, énormément de voix de gauche s'étaient portés sur son nom au deuxième tour. Cela ne l'a pas empêché de connaître le succès que l'on sait.
Il espère que de tous les camps, viendront les électeurs sur son propre nom. « Si je suis élu, affirme-t-il, cela montrera l'immense volonté de changement qui traverse la société française. L'envie de tourner la page. D'envoyer une leçon à ces deux partis qui cadenassent le système. » François Bayrou veut croire que les Français confirmeraient alors leur vote aux élections législatives. Ce dont ne sont pas certains ni Nicolas Sarkozy ni Ségolène Royal en cas de succès. Aujourd'hui, bon an mal an, les sondages placent les trois principaux protagonistes de cette élection dans un mouchoir de poche. Ségolène Royal autour de 24%. Avec qui formerait-elle une majorité ? Pareil pour Nicolas Sarkozy.
François Bayrou se dit prêt à ouvrir, à élargir d'un côté et de l'autre de l'échiquier politique. Il ne souhaite pas s'enfermer dans un seul parti. Les signes se multiplient d'ailleurs pour montrer que ce rassemblement est possible. Il suffit d'ouvrir les journaux, ajoute-t-il. Il s'appuie sur l'exemple du président des maires ruraux de France qui annonce dans le Monde : « Je viens de la gauche. Mais finalement, ce que propose François Bayrou, c'est ce qu'il faut pour notre pays. » Des responsables socialistes éminents s'émancipent également. Ils s'expriment ouvertement sur le sujet. C'est là que situe la principale différence d'avec les autres partis, sa spécificité. Eux s'enferment derrière une « ligne Maginot, tandis que je suis pour une majorité d'ouverture. » lance-t-il.
Sortir le pays de la profonde crise qu'il traverse nécessite de réunir au-delà des 25% que peuvent obtenir -au mieux- chacun de ses deux adversaires. François Bayrou ne prétend pas organiser une majorité à lui tout seul. Ce seront les Français qui obligeront les partis politiques qui sont pour l'instant enfermés à sortir de l'enfermement. Ils leur demanderont aussi de mener une réflexion profonde sur les raisons des échecs successifs à régler les grandes questions qui inquiètent le pays. Puis, ils appelleront les partis politiques à venir prendre leur part du redressement dont la France a tant besoin.
Si François Bayrou est élu et qu'il perd les élections législatives, il sait ce qu'il fera : il formera une coalition de gouvernement. Il lancera un appel à tous les républicains pour qu'ils se réunissent autour de son projet. Exactement comme vient de la faire l'Allemagne qui a obligé ses partis de gouvernement à travailler ensemble alors qu'ils avaient juré de ne jamais le faire. Aujourd'hui, l'Allemagne est un modèle pour toute l'Europe. François Bayrou pose la question : « Pourquoi ce qui est possible en Allemagne ne serait-il pas possible en France ? »
Il récuse toute idée de pagaille politique. Il fustige les journalistes qui « n'ont pas la France sous les yeux. La situation du pays est sans doute la plus grave depuis 1958 ! » Avec force, il lance ce chiffre inquiétant : trois Français sur quatre pensent que leurs enfants vivront moins bien qu'eux. C'est un chiffre qu'il prend du terrain. Après avoir parlé, discuté avec les Français. Il lance avec force à son interlocuteur, Gilles Leclerc : « Mettez-vous à la place des familles en difficulté ! Si nous ne réalisons pas la rupture maintenant, nous en reprenons pour dix ans. La France ne peut plus se permettre dix ans d'immobilisme. »
François Bayrou admet que les Français envoient un signe fort. Ils sont effectivement en train de dire que c'est aujourd'hui le seul homme qui puisse porter le renouveau en France. L'UMP a tous les pouvoirs depuis cinq. Qu'en a-t-elle fait ? Qu'a-t-on fait en matière de sécurité, demande François Bayrou ? On avait dit, promis que désormais c'était la tolérance zéro. On voit ce qu'il en est aujourd'hui ! Les zones de non-droit n'ont jamais été aussi nombreuses. Le Ministre de l'Intérieur ne peut même plus s'y rendre. « Est-ce que cela ressemble à un pays bien dirigé ? » s'interroge François Bayrou.
A propos de la VI° République que voudrait instituer Ségolène Royal, François Bayrou ironise avec le titre du journal Le Monde : « Pour contrer François Bayrou, Ségolène Royal reprend ses idées sur la VI° République. » Tout cela n'est pas très sérieux, alors qu'il en demande, justement, du sérieux. Par exemple que les députés soient présents lors des votes des lois. Qui se déroulent la plupart du temps devant des bancs vides. S'il est élu, François Bayrou lancera une grande réforme des institutions, probablement via un référendum, où, par exemple, un député ne pourra plus voter s'il est absent de l'hémicycle.
Pour conclure, François Bayrou se dit absolument favorable à des débats entre les principaux candidats. Il avoue une préférence pour Nicolas Sarkozy, dont il estime le projet complètement opposé au sien. Celui de Ségolène Royal recélant encore quelques zones de flou.
France 2
09:58 Publié dans Bayrou 2007 | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : bayrou, udf, présidentielles2007; campagne présidentielle, politique, programme, france 2, question ouverte




