mardi, 17 avril 2007

François Bayrou interrogé sur son approche de la musique classique

Le site Altamusica a interrogé les quatre principaux candidats sur leur approche de la musique classique.

 

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La musique adoucit-elle les mœurs politiques ? Le site Altamusica.com semble le croire. Il a en tous cas invité les quatre candidats qui font la course en tête à répondre à un questionnaire sur leur rapport à la musique. Trois questions étaient posées à François Bayrou, Jean-Marie Le Pen, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy : la musique est-elle un «art de divertissement» ou «une composante de la culture générale ?» ; la musique classique est-elle élitiste ? et «la vie musicale doit-elle continuer à être gérée essentiellement par l’Etat.

 

 

Pour François Bayrou, «la musique est un art et l'art n'est pas un luxe qui vient après le nécessaire». Le candidat centriste estime que l'art a «un sens qui consiste à élever l'humanité vers la partie supérieure d'elle-même». La musique classique «en elle-même n'est pas élitiste, c'est son système de « distribution » qui la réserve très souvent aux classes aisées», juge-t-il. Quant à la politique à adopter, il estime qu’il «faut encourager le mécénat culturel comme complément des subventions d’Etat» au classique.

vendredi, 13 avril 2007

François Bayrou à l'Express : "je serai un président citoyen"

medium_Bayrou_5.2.JPGFrançois Bayrou a accordé un entretien au journal hebdomadaire L'Express. Il y explique à Eric Mandonnet sa conception du pouvoir, la manière dont il souhaite conduire les affaires publiques. Il aborde le changement des institutions, le rôle du président de la république, du gouvernement, des assemblées. Il détaille ses premières mesures une fois élu. Et réfûte l'idée des 100 jours d'"état de grâce" pour faire passer des réformes sans que les Français aient compris les tenants et aboutissants. Il réaffirme la valeur primordiale de l'Europe et annonce dès son élection une tournée européenne des grandes capitales pour renouer les liens distendus depuis le non au référendum.


L'Express : Que changeriez-vous dans la fonction présidentielle, du point de vue de la Constitution et de sa pratique, si vous étiez élu ?

François Bayrou : C'est le chef de l'Etat qui est élu au suffrage universel! Je propose donc de récrire l'article 20 de notre Loi fondamentale: «Le président détermine la politique de la nation et le gouvernement la conduit.» Dans la pratique, il faut que le président soit présent devant les Français, qu'il porte la politique et les réformes, au lieu d'être lointain. Qu'il assure, devant le peuple des citoyens, et rassure, s'il le peut, sur les grands choix qui sont devant nous. A lui d'en faire la pédagogie et d'en porter sur les épaules la responsabilité. Le président ne se dissimule pas derrière le gouvernement et il considère le peuple comme un partenaire à part entière; les choix ne doivent donc pas être faits en dehors de lui, mais avec lui.

L'E. : Jusqu'à quel point le président doit-il être un chef de la majorité? Jusqu'à quel point reste-t-il un arbitre ?

F. B. : Le président n'est pas le chef de la majorité! Il est l'élu de tous les Français. D'ailleurs, l'idée d'un chef de la majorité est en elle-même un dévoiement de nos institutions. Il ne faut pas mélanger l'exécutif et le législatif. Le principe de la République, c'est la séparation des pouvoirs. De Gaulle a gouverné alors que son parti n'avait pas la majorité à l'Assemblée nationale. Les majorités se font au Parlement sur des textes. Quant au président, son rôle est double: il rassemble et il entraîne. Dans son rôle de rassembleur, il tient compte de tout le monde; il ne représente pas un parti ni une coalition. Mais, devant le pays, il assume une politique, comme de Gaulle le faisait - et Dieu sait que personne n'aurait soupçonné de Gaulle de ne représenter que l'UNR [le parti du Général]!

L'E. : Comment moderniser la communication présidentielle ?

F. B. : Il faut que le président parle aux Français, souvent et normalement. Qu'il saisisse toutes les occasions disponibles. Le président américain s'exprime deux fois par jour: il plante son pupitre avec son emblème dans un champ ou dans une base militaire et il parle. Il accompagne ainsi la réflexion et la conviction du peuple des citoyens américains. Le président français doit faire la même chose. En France, le président parle le 14 juillet et le 31 décembre - les deux seuls jours où personne ne l'écoute, puisque les gens ont, à ces dates, autre chose en tête!

L'E. : Le style présidentiel est-il aujourd'hui dépassé ?

F. B. : La solennité et la simplicité peuvent aller de pair. Il n'y a pas de raison de se prendre pour l'élu des dieux: le président n'est que l'élu du peuple! Je serai un président citoyen. Je changerai le moins possible mes habitudes de vie. Je garderai mes liens avec mon village, pendant le week-end ou pendant les vacances. Je ne serai pas enfermé à l'Elysée. Je continuerai à rencontrer les Français, comme l'un des leurs, provisoirement investi de la fonction de les représenter, mais qui ne cesse pas d'être leur proche.

L'E. : Imaginez-vous le 14 Juillet très différent de ce qu'il est aujourd'hui? Et la garden-party ?

F. B. : Je dois vous avouer que je n'ai pas réfléchi à la garden-party. Le président est à la fois chef d'Etat, avec ce que cela a de solennel, et le premier des citoyens, avec ce que cela a de simple et de juste. Je veux une simplicité des attitudes, une capacité à marcher dans la rue avec une surveillance discrète, etc. Les gens qui ne se promènent qu'avec un mur de gardes du corps autour d'eux ne peuvent pas parler à leurs concitoyens. De ce point de vue, François Mitterrand, qui arpentait tranquillement les rues de Paris, est plus proche du comportement que je veux avoir.

L'E. : Votre pari de recomposition de la vie politique repose entièrement sur votre personne. N'accentuez-vous pas ainsi l'aspect présidentialiste de la Ve République ?

F. B. : L'élection présidentielle est l'élection majeure. Seule l'irruption du peuple souverain dans le jeu politique, bien rodé, permet de changer les choses. La majorité présidentielle sera constituée sur le critère du soutien à la nouvelle démarche qui fera travailler ensemble des Français d'un bord et de l'autre. Je n'ai aucune tentation du culte de la personnalité! C'est une majorité non pas autour d'un homme, mais autour d'une démarche et d'un projet - même si l'homme compte aussi, bien sûr.

L'E. : Quel rôle incombe au Premier ministre ?

F. B. : Il met en œuvre la politique définie pour le pays, en est responsable devant l'Assemblée nationale. Il est le coordinateur et le metteur en musique de tout ce qui est fait.

L'E. : Vous souhaitez une vingtaine de ministres. Faut-il modifier l'architecture gouvernementale ?

F. B. : L'architecture actuelle est trop éparpillée. Je veux un gouvernement plus compact, sans ministres délégués. Je souhaite un n° 2, chargé du long terme, donc du plan, de la prospective, du durable, en matière d'environnement comme en matière de société. Il y aura toujours un ministère de l'Education, de l'Intérieur, de l'Economie, etc. En revanche, je changerai le rôle des secrétaires d'Etat: ils doivent être non pas de petits ministres, mais des chefs de commando pour des missions ponctuelles, avec des équipes restreintes. Idéalement, ils devraient pouvoir demeurer députés. Ils seraient ainsi mis au banc d'essai et formés en même temps.

L'E. : Des exemples ?

F. B. : On doit remettre en question les statistiques, qui sont mensongères dans notre pays. Regardez les chiffres de l'emploi: on ne compte même pas les chômeurs d'outre-mer, c'est dire! Voilà une mission commando. Je songe aussi à des missions sur l'énergie ou à la politique de prévention des conséquences de certains produits chimiques sur la santé.

L'E. : Comment serait conduite la réforme des institutions que vous préconisez ?

F. B. : Pendant l'été, j'organiserai une réflexion avec toutes les grandes forces politiques du pays et nous bâtirons les institutions les plus justes possible, avec la restauration du rôle du Parlement, une nouvelle loi électorale - 50% des députés élus à la proportionnelle - et des dispositions pour l'investiture de tous les corps de contrôle de la République. Il y aura un référendum quand sera terminé le travail de maturation, pour que tout le monde ait la certitude que les réformes sont expliquées, comprises et justes.

L'E. : A part la nomination d'un chef de gouvernement, quel serait votre premier acte fort de président ?

F. B. : Mon premier acte de président sera d'ouvrir avec les organisations syndicales et patronales, ainsi qu'avec le Conseil économique et social, une réflexion sur la social-économie que je souhaite: la création de deux emplois sans charges par entreprise, le plan de lutte contre l'exclusion, les heures supplémentaires, l'intéressement des salariés aux bénéfices et la question plus large de la simplification, enfin, le «Small Business Act», une loi de protection et de soutien des PME. Entre son installation à l'Elysée, à partir du 17 mai, et jusqu'au second tour des législatives, le 17 juin, le président prépare la réflexion de la nation et la délibération du Parlement sur ces sujets.

L'E. : Et le président que vous seriez jouerait un rôle actif ?

F. B. : Oui, il s'y colle. Il n'est pas dans son Olympe, enfermé rue du Faubourg-Saint- Honoré. Bien sûr, il ne mène pas le détail des négociations, mais il saisit le pays en lui montrant l'impact et les conséquences des choix qui doivent être faits.

L'E. : Et si les partenaires sociaux s'opposent à ces changements ?

F. B. : Après un vote du peuple français, ils ne s'y opposeront pas, vous verrez... Et, s'ils ont des objections, elles méritent d'être entendues.

L'E. : Vous réfutez la théorie des «100 jours», qui consiste à faire passer les réformes les plus dures dans la foulée d'une élection. Le gouvernement Balladur, auquel vous apparteniez, avait réalisé ainsi une réforme des retraites.

F. B. : Avec le temps, j'ai pris conscience de ce que cette méthode de passage en force coûtait à l'idée même de réforme. Cela a donné à la société française le sentiment qu'il fallait toujours être sur ses gardes, que les réformes risquaient toujours de vous tomber sur la tête sans qu'on vous le dise. De là vient, pour une part, la peur des réformes. Quand on agit dans le dos des Français, ils n'ont qu'un seul recours, la rue. De plus, seuls les salariés du privé étaient concernés, les régimes spéciaux, parce qu'on les craignait, étaient soigneusement laissés de côté. Ma méthode, au contraire, ce sera la réforme en continu, la réforme assumée, pédagogique, non traumatisante parce que non matraquée.

L'E. : Si vous êtes élu, en quoi la vie des Français aura-t-elle changé à la fin de l'année 2007 ?

F. B. : Beaucoup de choses auront changé ! Notre démocratie, d'abord, avec, pour la première fois depuis cinquante ans, une majorité centrale, qui fera travailler ensemble des socialistes, des démocrates et des gaullistes. La situation de l'emploi, par le dégel de centaines de milliers d'embauches - les deux emplois sans charges devront être applicables au 1er septembre ou au 1er octobre; il y aura eu un grand plan de lutte contre l'exclusion. Et j'aurai commencé la réconciliation des Français avec l'Europe, et de l'Europe avec la France.

L'E. : Donneriez-vous un coup de pouce au Smic le 1er juillet ?

F. B. : Je suis favorable à une évolution régulière du Smic, sans à-coups, qui suivra l'évolution de la productivité du travail. Mais je ne veux pas «smicardiser» la société française.

L'E. : Vous dites réfléchir à la création d'une TVA sociale. Etes-vous favorable à son expérimentation ?

F. B. : Je ne sais pas ce qu'en la matière l'idée d'expérimentation signifie. L'idée de la TVA sociale est de compenser une baisse des charges pesant sur les salaires par une augmentation du taux de la TVA, notamment pour que les objets manufacturés en France coûtent moins cher que ceux qui sont fabriqués à l'étranger. Expérimenter reviendrait à créer un nouveau taux de TVA, disons de 25%, par exemple pour l'industrie du meuble. Or la réglementation européenne ne permet pas de créer un taux pour un secteur particulier. En revanche, donner aux entreprises la possibilité de créer deux emplois sans avoir à payer de cotisations pendant cinq ans, comme je le propose, est une manière d'expérimenter, sur la France entière, la baisse du coût du travail. Au bout de deux ans, la mesure sera évaluée et l'on verra si l'allègement des charges sociales crée de l'emploi.

L'E. : L'Europe est absente de cette campagne. Vous-même ne l'évoquez qu'à la page 18 de votre programme, qui en compte 20. Quelle sera votre priorité en la matière ?

F. B. : Je commencerai, dès le mois de mai, une tournée européenne pour une série de rencontres - ce seront mes premiers voyages à l'étranger: la commission de Bruxelles, la chancelière allemande, Angela Merkel, le chef du gouvernement italien, Romano Prodi, le président de l'Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, le Premier ministre belge, Guy Verhofstadt. J'entretiens avec eux une longue familiarité, nous aurons à prendre la décision d'écrire un nouveau Traité européen qui soit lisible, court, compréhensible. L'Europe est une urgence, et je le dis d'autant plus que je ne court-circuiterai pas sur ce sujet essentiel les citoyens français.

L'E. : En quoi changeriez-vous la diplomatie à la française, en quoi la prolongeriez-vous ?

F. B. : Dans ses grandes lignes, la diplomatie française est juste: la France refusant toute situation d'allégeance, se battant pour un monde multipolaire, à égalité de droits et de devoirs pour les grands piliers qui le constituent, la France défendant une idée de la planète dans laquelle les grandes régions du monde s'organisent en unions à vocation politique. Celles-ci n'effacent pas les nations, mais leur permettent de faire entendre leur voix - par exemple, celle de la France plaidant pour qu'il y ait un garant européen au Moyen-Orient. Les Etats-Unis ne peuvent plus jouer ce rôle à eux seuls. Et l'Europe est le précurseur de ces grands piliers.

L'E. : Quelle est l'erreur de votre campagne que vous voudriez corriger avant qu'il ne soit trop tard ?

F. B. : La dynamique de cette campagne est formidable. Le changement dont beaucoup de Français rêvaient sans y croire est maintenant à portée de main. Je donnerai toutes mes forces, et mon équipe aussi, dans les quatre semaines qui viennent, comme jamais auparavant, pour que ce souffle nouveau l'emporte, et renverse les citadelles du passé.

 

L'Express

jeudi, 12 avril 2007

Nouvel Appel du Groupe SPARTACUS à l'endroit de François Bayrou

François Bayrou, réconciliez la France

Par Spartacus, pseudonyme collectif de personnalités socialistes, dont certaines exercent dans la haute fonction publique.

 

 

 

Nous sommes socialistes. Nous sommes de gauche. Nous sommes aussi des citoyens qui voulons un vrai changement et pas seulement des promesses jetées aux quatre vents. Dans la tribune publiée le 22 février par Libération, Spartacus avait revendiqué son soutien à votre démarche de rassemblement des énergies et de redressement de notre pays. Depuis, nous avons été rejoints par d'autres et nous avons vu s'échanger des arguments par vos concurrents qui ne sont pas à la hauteur des enjeux d'une élection présidentielle et de l'attente des Français.

 

 

 

Nicolas Sarkozy et Jean-Marie Le Pen proposent conjointement une vision crispée et haineuse de notre société et de notre avenir. Jamais un candidat de la droite républicaine à l'élection présidentielle n'est allé aussi loin dans le débauchage et la surenchère en direction des thèses d'extrême droite : identité nationale et immigration, génétique et pédophilie ou suicide de nos adolescents, Français utiles qui travaillent et Français nuisibles qui sont exclus...

 

 

 

Ségolène Royal, comme on le prévoyait dans la pré campagne interne au Parti socialiste, s'est laissée entraîner sur ce terrain. Par manque de rigueur, d'idées ou par penchant personnel, on ne retient plus de son discours qu'un écho caricatural aux idéaux nationalistes et démagogiques.

 

 

 

Ce que nous voulons est différent : une respiration démo­cra­­­tique avec une représen­tation proportionnelle des courants politiques au Parlement, une justice réellement indépendante avec un statut particulier pour le ministre de la Justice , une véri­table évaluation des politiques publiques avec un office à la ­disposition du Parlement, des nominations de responsables d'administration, d'autorités indépendantes et d'entreprises publiques acquises avec l'agrément du Parlement, une mora­lisation de la vie économique et financière par la mise en oeuvre d'une gouvernance privée négociée ou imposée aux milieux d'affaires, une sécurité sociale professionnelle pour protéger les plus faibles. Et bien d'autres mesures encore pour une France plus juste et plus équilibrée. Au-delà des discours de circonstance, une grande majorité de Français attend que cessent les anathèmes et que les hommes et les femmes poli­tiques se préoccupent enfin de leurs problèmes concrets qui sont immédiats, comme l'emploi ou le pouvoir d'achat, mais aussi des questions qui engagent l'avenir, comme les retraites.

 

 

 

Et c'est justement parce que, dès le début de la campagne présidentielle, vous avez su poser les termes de ce débat que Spartacus, force de gauche, sans concessions, vigilante et active, est à vos côtés.

 

 

 

Vous représentez un espoir pour des millions de Français qui veulent croire à cette chance unique de proposer un travail en commun à des hommes et des femmes venus d'horizons différents mais unis par le seul idéal du bien public. Nous proposons, d'ores et déjà, une offre politique à tous ceux qui veulent rejoindre cette démarche, qui souhaitent votre victoire et qui pourraient contribuer à l'émergence d'un grand parti démocrate.

 

 

 

Nous avons besoin, nous avons envie d'un président calme, serein, équilibré mais qui soit aussi avisé des difficultés quotidiennes des plus démunis de nos concitoyens, qui connaisse le prix de l'effort et de l'initiative parce qu'il a su lui-même faire face. Un président courageux qui ne change pas d'avis au gré des sondages qualitatifs ou de réunions de quartiers. Un président qui n'engage pas la France dans des conflits internationaux par suivisme ou qui dise à différents interlocuteurs ce que chacun souhaite entendre.

 

 

 

Alors, oui, François Bayrou, nous comptons sur vous pour réconcilier la France.

mercredi, 04 avril 2007

François Bayrou présente son programme présidentiel

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 Un programme pour "reconstruire la confiance"

 

http://www.bayrou.fr/evenements/download/programme-action...

 

François Bayrou a présenté les grandes lignes de son programme d'action au cours d’une conférence de presse à Paris.

"Voici mon programme d’action pour la France. Ce ne sont pas de fausses promesses, comme on en fait depuis trop longtemps, mais des objectifs raisonnables qui changeront profondément la vie de notre pays" écrit François Bayrou en préambule du document de vingt pages, tiré à dix millions d’exemplaires et qui sera envoyé aux Français.

Lors de sa présentation, le candidat à la présidentielle a souligné l'objectif transversal de ce programme : "reconstruire la confiance".

 

mardi, 03 avril 2007

Meeting de Reims

François Bayrou s'estime "plus à gauche" que les socialistes sur "bien des sujets" Le candidat de l'UDF à la présidentielle, François Bayrou, s'est à nouveau posé en rassembleur et en partisan de la raison, lundi 2 avril, lors d'un déplacement à Reims, tout en cherchant à montrer qu'il pouvait se positionner à gauche en attaquant les socialistes sur leur terrain. Le Parti socialiste, "c'est le parti qui a fait le plus de privatisations, qui a laissé déraper le déficit et la dette, qui a laissé partir les services publics et a fait le mandat de gestion à Lagardère chez Airbus", a-t-il déclaré, lors d'une conférence de presse, avant de tenir meeting devant plus de 3 000 personnes à Reims. "Je prétends que sur bien des sujets, je suis plus à gauche qu'eux. Il y a des jours où j'ai l'impression de défendre davantage de valeurs que cette gauche-là. Il y a des choses que le Parti socialiste a oubliées", a affirmé le candidat de l'UDF en disant défendre des "valeurs plus républicaines". Il a rappelé être monté à la tribune de l'Assemblée nationale "tout seul" pour défendre l'allocation spécifique de solidarité (ASS) des chômeurs que le gouvernement Raffarin voulait supprimer, et être "allé tout seul au Conseil d'Etat" pour protester contre la privatisation des autoroutes. "Je n'ai pas beaucoup entendu la gauche à ces moments", a-t-il dit. Et, tout en affirmant que "la solidarité est le premier des devoirs de l'Etat", François Bayrou a expliqué ne pas avoir "la même idée de la solidarité qu'ont les dirigeants du Parti socialiste". Il a dit son opposition à la décision de la région Ile-de-France, présidée par le socialiste Jean-Paul Huchon, d'accorder la gratuité des transports en commun aux RMistes car "bientôt, il n'y aura plus de différence entre ceux qui travaillent et ceux qui ne travaillent pas".

 

"À CRISE EXCEPTIONNELLE, RÉPONSE EXCEPTIONNELLE"

 

 Le candidat centriste s'était auparavant rendu, quelques instants, chez le fabricant d'outils de découpe et d'emboutissage de tôle Chausson à Bazancourt, dans la banlieue rémoise. Confronté à un manque de débouchés, l'usine est en passe de fermer faute de repreneurs. 182 emplois sont en jeu. "Le terrain apprend plus de choses que les mots", a commenté François Bayrou, sans préconiser de solution particulière. Les salariés n'en demandaient pas non plus. "Ce qu'on veut, c'est qu'on parle de nous", a dit François Léger, délégué CFDT du comité d'entreprise. Le président de l'UDF a décrit un pays en situation de crise "exceptionnelle", en proie au chômage – selon lui,"sous-estimé" : il a considéré le véritable nombre de chômeurs à 4 millions –, au fardeau de la dette et aux problèmes des banlieues, pour défendre à nouveau la nécessité d'un gouvernement rassemblant par-delà le clivage droite-gauche. "A crise exceptionnelle, il faut une réponse exceptionnelle", a-t-il fait valoir. "Je nommerai un gouvernement dans lequel je prendrai bien soin de présenter des visages nouveaux, des expériences nouvelles, qui représentera aussi équitablement que possible les grandes sensibilités du pays", a-t-il promis. François Bayrou a aussi marqué sa différence sur le thème de l'immigration, alors que Jean-Marie Le Pen tenait meeting à Reims en même temps que lui. "L'immigration n'est pas la cause de tous nos maux. Les difficultés que nous rencontrons avec l'immigration ne sont pas la cause des difficultés de la nation. Elles en sont la conséquence", a-t-il affirmé en prônant "la raison, le respect réciproque et la compréhension". "Il faut éviter de faire monter les tensions, les affrontements entre les différentes catégories de Français", a-t-il affirmé en faisant appel "à la raison". "Nous ne voulons pas aller dans le sens de ce qui excite les affrontements, les ressentiments et les haines. Nous allons devoir vivre ensemble, et c'est ensemble qu'il va falloir que nous sortions le pays de la crise", a-t-il lancé sous les applaudissements. Il a critiqué, sans la nommer, Ségolène Royal pour avoir fait "je ne sais quelle utilisation" du drapeau tricolore dans le débat sur l'identité nationale. " La France , ce ne sont pas les signes extérieurs de la nation. Dans notre pays, c'est la République   qui a fait la nation et pas la nation qui a fait la République ", a-t-il fait valoir.

mardi, 27 mars 2007

Le devenir des Universités françaises : régionalisation ?

  

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François Bayrou : "L'Etat doit rester maître des universités !"

 

François Bayrou, par la voix du député-maire de Rouen, Pierre-Louis Albertini, s'est dit "hostile à la régionalisation des universités." P.-L. Albertini remplaçait François Bayrou, candidat à l'élection présidentielle, au congrès de l'Unef à Lille. Là même où la campagne de François Bayrou a commencé.

L'ancien ministre de l'Education nationale a voulu faire passer ce message : "Les élus régionaux sont parfois fantaisistes. Le monde universitaire a besoin de calme pour fonctionner." en référence aux caprices répétés de l'élu socialiste Georges Frêche. "

C'est l'Etat qui doit régir la gouvernance de l'enseignement supérieur, a-t-il ajouté, je doublerai d'ailleurs le budget actuel des universités français en dix ans.

" Une des deux autres grandes questions portait sur le rapprochement entre l'université et les grandes écoles. Pierre-Louis Albertini ne s'y est pas montré rétif. Il ajoute cependant que la formation universitaire ouvre davantage au monde, développe l'esprit critique et permet à la recherche fondamentale de se développer sans les contraintes de rentabilité.

La deuxième grande interrogation des représentants de l'Unef portait sur la séléction au seuil des universités. "Contre !" s'ext exclamé Pierre-Louis Albertini. Il pense au contraire que la classe de terminale doit constituer une "préparation pour l'enseignement supérieur."

jeudi, 22 mars 2007

François Bayrou au Zénith de Paris

François Bayrou veut être "le président du peuple"
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Lors de son premier grand meeting parisien, le candidat centriste a adopté un propos musclé et appelé à « une révolution pacifique ».

 

 

 

« IL N'EST de président que président du peuple ». Hier, pour son grand meeting parisien au Zénith, François Bayrou s'est constamment démarqué de Nicolas Sarkozy, dont il a dénoncé « le mépris », comme de Ségolène Royal. « Entre le candidat de l'UMP et la candidate du PS, entre celui qui voudrait que la France soit l'Amérique et celle qui voudrait qu'elle soit la Scandinavie , il est temps de montrer que la France veut être la France , que la République veut être la République  », a-t-il déclaré, devant plus de 10 000 supporteurs, dont beaucoup n'avaient pas trouvé place dans la salle du parc de la Villette.

 

 

 

Entouré de jeunes sur la tribune, le candidat centriste a rendu coup pour coup à ses adversaires, en réservant un sort particulier au président de l'UMP, dont le nom a été plusieurs fois sifflé par l'assistance. « J'ai bien entendu Nicolas Sarkozy se moquer du tracteur qui a été, en effet, à mon corps défendant, une part si importante de ma jeunesse », a dit François Bayrou, qui a repris, jeune homme, la ferme familiale après le décès accidentel de son père.

 

 

 

« Je vais lui faire une confidence : c'est plus formateur (...) de savoir ce que c'est que marner, de savoir comme il est difficile d'assumer les fins de mois, de savoir comme on peut parfois être découragé, et même c'est plus formateur de rencontrer en sortant de chez soi autre chose que les milliardaires du CAC 40 et les vedettes du show-biz », a-t-il contre-attaqué avec vigueur.

 

 

 

À l'inverse, le nom de Jacques Chirac a été applaudi. « J'ai de l'admiration pour Jacques Chirac, le Chirac de la guerre en Irak, parce qu'il a su dire non. Mais je n'ai pas aimé le Chirac de 2002 parce qu'il n'a pas su dire oui », a lancé François Bayrou, qui reconnaît s'inspirer de la campagne victorieuse de 1995. Alors que Royal et Sarkozy ont multiplié à son encontre « les attaques en vrille, en piqué, de toute nature, généralement d'une grande élégance et d'un grand raffinement », le candidat centriste a musclé son discours dans cette phase nouvelle de la campagne où les sondages sont moins bons pour lui.

 

 

 

« Un pays endolori »

 

 

 

Il a développé son combat contre « les deux partis qui exercent le monopole du pouvoir depuis vingt-cinq ans ». « La France a besoin que ces deux partis, on les sorte du pouvoir, du confort du pouvoir ou du confort de l'opposition »a-t-il dit. « Le peuple français est un peuple lassé et il n'y a pas loin d'un peuple lassé à un peuple en colère », a-t-il lancé, en prônant la « révolution pacifique ». Car François Bayrou se sent capable de réveiller « un pays endolori et anesthésié » pour qu'il devienne « un peuple debout ».

 

 

 

Répondant aux attaques sur son incapacité à réunir une majorité d'union nationale en cas de victoire, Bayrou a affirmé que « la seule majorité, c'est la majorité centrale, celle qui permet de faire travailler ensemble les reconstructeurs de gauche, les reconstructeurs de droite et les reconstructeurs du centre ». À l'inverse, il a fustigé « l'alliance de Sarkozy avec Villiers, qui irait jusqu'à embaucher Le Pen » et celle de Royal, « avec Marie-George Buffet et Laguiller, jusqu'à Besancenot ».

 

 

 

Campant dans sa posture de « président du peuple », il a affirmé vouloir « que les Français aient la certitude et la garantie que le pouvoir n'est pas en haut, qu'il est avec eux ». « Je veux qu'ils sachent que leur président sait ce que c'est que de vivre avec 640 euros par mois : c'est la retraite de ma mère », a-t-il dit. À sa mère Emma, à son épouse Élisabeth, dans les Pyrénées, à ses enfants dont certains étaient dans la salle, il a fait un serment : «Si je suis élu président de la république, je ne changerai pas. Je serai le même, je serai président avec ce bagage de tendresse, d'amitié, de paternité, de culture de mon pays.» Avant de conclure, ému, «vive la France , et vive la vie !»

 

 

 

Le candidat centriste, qui ne veut plus du costume de « troisième homme », a multiplié les clins d'oeil aux électeurs de gauche, aux enseignants, à Nicolas Hulot et aux écologistes. Avec l'espoir d'affronter Nicolas Sarkozy en finale.

 

mercredi, 21 mars 2007

François Bayrou à Question Ouverte sur France 2

François Bayrou : "Je suis la seule chance de renouveau !"

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François Bayrou était l'invité de Gilles Leclerc dans Question Ouverte sur France 2. Il a évoqué la situation politique du pays. Les candidatures. Il dénonce la mainmaise de l'UMP et du PS sur les leviers de pouvoirs lors des vingt-cinq dernières années. Il souhaite un large rassemblement. Une réforme institutionnelle viendra accompagner son élection, qui sera suivie par une large majorité de rassemblement aux élections élgislatives. Le gouvernement, ouvert aux forces républicaines, sera chargé de redresser le pays.




Il se réjouit que chacun soit candidat, au bout de la course aux cinq cents signatures. Il rappelle qu'il l'avait toujours dit, notamment à propos de Jean-Marie Le Pen. Chacun a pu trouver ses signatures, c'est bien. Désormais, pour François Bayrou, une autre campagne commence. Pour lui comme pour les autres. Une campagne dans laquelle « les enjeux véritables vont apparaître. » selon le candidat à l'élection présidentielle. Pour lui, l'enjeu réel se situe dans la question de savoir si l'on continue comme l'UMP et le PS le souhaitent avec ces majorités habituelles. D'un côté le PS avec tous les pouvoirs, de l'autre l'UMP avec tous les pouvoirs. Ou bien, décide-t-on de changer les choses ? C'est en ces termes que François Bayrou décide de poser le débat qui s'amorce dans la dernière ligne droite avant le 22 avril. François Bayrou rappelle que lorsque l'on demande aux Français s'ils sont favorables à un gouvernement d'union nationale, de rassemblement, ils répondent oui aux deux tiers. Deux Français sur trois affirment que « l'on ne peut plus continuer comme cela. »

Examinons ce qui se déroule en banlieues, dit-il. « Peut-on régler le problème des banlieues, l'un des plus cruciaux qui se posent aujourd'hui à notre République, sans rassembler ? Peut-on abandonner des zones entières, des zones de banlieues aussi bien que des zones rurales ? Peut-on aujourd'hui rééquilibrer le pays entre ces zones défavorisées et ces zones favorisées sans un effort national de très longue durée et qui réunit les Français ? » demande François Bayrou à Gilles Leclerc. Il lui semble que c'est impossible sans un sursaut.

François Bayrou tient à rassurer Gilles Leclerc : il a des adversaires, des concurrents dans cette campagne, qui ne se privent pas de le faire savoir. Mais son principal adversaire, juge-t-il, c'est le système monopolistique installé par le PS et l'UMP depuis vingt-cinq ans. Ces deux partis ont privé le pouvoir aux citoyens. Ils ont conduit la France dans l'état où elle se trouve actuellement. François Bayrou souhaite des idées simples et claires pour sortir le pays de la crise en rassemblant des personnalités qui dépassent ces vieux camps. Il est temps de tendre la main au-delà des frontières idéologiques pour que la France se dote d'un gouvernement exceptionnel en des temps d'exception.

Elu président de la République, François Bayrou compte nommer un gouvernement appuyé sur une majorité nouvelle qui présentera des candidats dans toutes les circonscriptions de France. Et ces candidats seront élus, semble croire François Bayrou. Il veut s'appuyer sur l'exemple de Jacques Chirac en 2002. Au premier tour de l'élection présidentielle, il obtient 19% des voix au premier tour. Cinq semaines plus tard, il se retrouve avec une majorité de 365 députés à l'Assemblée nationale. Et pourtant, énormément de voix de gauche s'étaient portés sur son nom au deuxième tour. Cela ne l'a pas empêché de connaître le succès que l'on sait.

Il espère que de tous les camps, viendront les électeurs sur son propre nom. « Si je suis élu, affirme-t-il, cela montrera l'immense volonté de changement qui traverse la société française. L'envie de tourner la page. D'envoyer une leçon à ces deux partis qui cadenassent le système. » François Bayrou veut croire que les Français confirmeraient alors leur vote aux élections législatives. Ce dont ne sont pas certains ni Nicolas Sarkozy ni Ségolène Royal en cas de succès. Aujourd'hui, bon an mal an, les sondages placent les trois principaux protagonistes de cette élection dans un mouchoir de poche. Ségolène Royal autour de 24%. Avec qui formerait-elle une majorité ? Pareil pour Nicolas Sarkozy.

François Bayrou se dit prêt à ouvrir, à élargir d'un côté et de l'autre de l'échiquier politique. Il ne souhaite pas s'enfermer dans un seul parti. Les signes se multiplient d'ailleurs pour montrer que ce rassemblement est possible. Il suffit d'ouvrir les journaux, ajoute-t-il. Il s'appuie sur l'exemple du président des maires ruraux de France qui annonce dans le Monde : « Je viens de la gauche. Mais finalement, ce que propose François Bayrou, c'est ce qu'il faut pour notre pays. » Des responsables socialistes éminents s'émancipent également. Ils s'expriment ouvertement sur le sujet. C'est là que situe la principale différence d'avec les autres partis, sa spécificité. Eux s'enferment derrière une « ligne Maginot, tandis que je suis pour une majorité d'ouverture. » lance-t-il.

Sortir le pays de la profonde crise qu'il traverse nécessite de réunir au-delà des 25% que peuvent obtenir -au mieux- chacun de ses deux adversaires. François Bayrou ne prétend pas organiser une majorité à lui tout seul. Ce seront les Français qui obligeront les partis politiques qui sont pour l'instant enfermés à sortir de l'enfermement. Ils leur demanderont aussi de mener une réflexion profonde sur les raisons des échecs successifs à régler les grandes questions qui inquiètent le pays. Puis, ils appelleront les partis politiques à venir prendre leur part du redressement dont la France a tant besoin.

Si François Bayrou est élu et qu'il perd les élections législatives, il sait ce qu'il fera : il formera une coalition de gouvernement. Il lancera un appel à tous les républicains pour qu'ils se réunissent autour de son projet. Exactement comme vient de la faire l'Allemagne qui a obligé ses partis de gouvernement à travailler ensemble alors qu'ils avaient juré de ne jamais le faire. Aujourd'hui, l'Allemagne est un modèle pour toute l'Europe. François Bayrou pose la question : « Pourquoi ce qui est possible en Allemagne ne serait-il pas possible en France ? »

Il récuse toute idée de pagaille politique. Il fustige les journalistes qui « n'ont pas la France sous les yeux. La situation du pays est sans doute la plus grave depuis 1958 ! » Avec force, il lance ce chiffre inquiétant : trois Français sur quatre pensent que leurs enfants vivront moins bien qu'eux. C'est un chiffre qu'il prend du terrain. Après avoir parlé, discuté avec les Français. Il lance avec force à son interlocuteur, Gilles Leclerc : « Mettez-vous à la place des familles en difficulté ! Si nous ne réalisons pas la rupture maintenant, nous en reprenons pour dix ans. La France ne peut plus se permettre dix ans d'immobilisme. »

François Bayrou admet que les Français envoient un signe fort. Ils sont effectivement en train de dire que c'est aujourd'hui le seul homme qui puisse porter le renouveau en France. L'UMP a tous les pouvoirs depuis cinq. Qu'en a-t-elle fait ? Qu'a-t-on fait en matière de sécurité, demande François Bayrou ? On avait dit, promis que désormais c'était la tolérance zéro. On voit ce qu'il en est aujourd'hui ! Les zones de non-droit n'ont jamais été aussi nombreuses. Le Ministre de l'Intérieur ne peut même plus s'y rendre. « Est-ce que cela ressemble à un pays bien dirigé ? » s'interroge François Bayrou.

A propos de la VI° République que voudrait instituer Ségolène Royal, François Bayrou ironise avec le titre du journal Le Monde : « Pour contrer François Bayrou, Ségolène Royal reprend ses idées sur la VI° République. » Tout cela n'est pas très sérieux, alors qu'il en demande, justement, du sérieux. Par exemple que les députés soient présents lors des votes des lois. Qui se déroulent la plupart du temps devant des bancs vides. S'il est élu, François Bayrou lancera une grande réforme des institutions, probablement via un référendum, où, par exemple, un député ne pourra plus voter s'il est absent de l'hémicycle.

Pour conclure, François Bayrou se dit absolument favorable à des débats entre les principaux candidats. Il avoue une préférence pour Nicolas Sarkozy, dont il estime le projet complètement opposé au sien. Celui de Ségolène Royal recélant encore quelques zones de flou.


France 2

mardi, 20 mars 2007

François Bayrou détaille son programme pour les retraités

 

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PARIS (Reuters) - François Bayrou a détaillé ses propositions de réforme du système des retraites et de meilleure prise en compte des personnes âgées dans la société française, menacée selon lui par un grave conflit de génération.

 

Le candidat de l'UDF à l'élection présidentielle propose notamment de permettre à chaque salarié de choisir l'âge de son départ à la retraite en fonction du niveau de pension dont il souhaite bénéficier. Il s'est aussi engagé, s'il est élu, à porter en cinq ans le minimum retraite à 90% du smic.

 

Lors d'une conférence de presse au siège de l'UDF, rue de l'Université, à Paris, il a plaidé pour une réforme des retraites "équitable, adaptable dans le temps, durable, soutenable pour tous les Français et par tous les Français".

 

Désireux d'offrir "une égalité de droits devant la retraite" il a défendu l'idée d'une réforme prenant en compte les régimes spéciaux et la pénibilité du travail.

 

Cette réforme, discutée et négociée avec les partenaires sociaux, "y compris les représentants des retraités", sera votée par le Parlement et soumise à référendum.

 

"Ce n'est pas une affaire d'experts, c'est un affaire de citoyens", a insisté le député béarnais.

 

"J'ai choisi de préparer cette réforme (...) en donnant à chacun la garantie qu'il aura son mot à dire", a-t-il ajouté, faisant sienne une phrase de Pierre Mendès France : "Le plus grand danger c'est la négligence des citoyens".

 

"Une fois la réforme votée, elle ne devra plus être l'affaire de l'Etat mais celle des partenaires sociaux", a expliqué François Bayrou.

 

"FRACTURE GÉNÉRATIONNELLE"

 

De 2000 à 2020, la population des plus de 65 ans en France va passer de 10 millions à 15 millions (+50%), celle des plus de 75 ans de quatre à six millions et celle des plus de 85 ans va doubler pour atteindre deux millions, a-t-il fait remarquer.

 

François Bayrou a évoqué les risques d'une "fracture générationnelle" et de l'"impossibilité de prendre soin de nos aînés si nous ne changeons pas les règles du jeu".

 

Alors qu'une personne sur deux arrive aujourd'hui à l'âge de la retraite en ayant déjà perdu son emploi, François Bayrou veut inciter les entreprises à employer les seniors, à qui il souhaite redonner une place à part entière dans la société en les faisant encadrer des activités de loisirs ou culturelles.

 

Son projet inclut une amélioration de l'offre de service à domicile, un accroissement du nombre d'infirmières et une professionnalisation des métiers de l'aide à la dépendance.

 

"On a besoin d'une grande politique de prévention de la dépendance", a-t-il dit, prônant la mise en place d'un "contrat-prévention dépendance" signé entre le patient et le médecin traitant en coopération avec l'assurance-maladie.

 

La prise en compte des personnes âgées passe en outre selon lui par une réforme du logement. "Si chacun est dans son ghetto, le lien social est mort", a dit le dirigeant centriste.

 

S'il est élu, François Bayrou veut créer un grand ministère, provisoirement baptisé "ministère de la nouvelle société", chargé de mener une réflexion à long terme sur des sujets tels que la jeunesse et les sports, les personnes âgées ou encore internet, qu'il considère comme une "révolution démocratique".

 

lundi, 19 mars 2007

Interview de François Bayrou dans le Nouvel Observateur

François Bayrou : et si c'était moi !

 

Dans son édition du 15 mars, Le Nouvel Observateur publie une longue interview du candidat UDF à la présidentielle, François Bayrou.

Deux critiques fortes vous sont souvent adressées depuis que vous avez franchi la barre des 20% dans les sondages. La première : votre élection signerait le retour de la IVe République. La deuxième, elle «libérerait» les extrêmes, puisque vous déclarez vouloir associer au pouvoir tout l'arc républicain.


- L'UMP et le PS ont le monopole du pouvoir depuis vingt-cinq ans. Ce monopole est menacé par une nouvelle proposition politique. Ils se défendent donc, et rien n'est plus normal. Ma conviction est que la situation de la France est si préoccupante qu'elle exige que pour la période qui vient on puisse faire travailler ensemble au redressement du pays des femmes et des hommes de caractère, venus des grandes sensibilités démocratiques du pays, pour garantir le rassemblement et l'impartialité de l'action. C'est ce qu'ont voulu faire il y a un demi-siècle deux hommes aussi différents que Pierre Mendès France et Charles de Gaulle. Je prétends que la situation du pays est plus grave aujourd'hui qu'elle ne l'était à cette époque. Est-ce que cela favorise les extrêmes ? Il faut avoir de l'estomac pour l'affirmer : dois-je rappeler qu'en 2002 les extrêmes ont recueilli, grâce au système des sortants UMP et PS, presque 40% des voix ?



Comment comptez-vous passer d'une éventuelle victoire à la présidentielle à un gouvernement disposant d'une majorité stable ?


- Dans toutes les circonscriptions, le rassemblement ainsi créé aura des candidats. Ce seront des nouveaux visages, car il y a un immense besoin de changer de génération. J'assumerai ce besoin, ce que le PS et l'UMP ne peuvent pas faire, dans la mesure où ils sont prisonniers de leurs sortants. Il faudra un nouveau courant politique, démocrate, pour former le socle de la majorité nouvelle. Mais ce ne sera pas une majorité fermée. Quiconque voudra participer à ce rassemblement sera le bienvenu. Les portes seront ouvertes. Je vois bien par exemple qu'une sensibilité socialedémocrate a besoin de naître et de se faire entendre. Une sensibilité gaulliste aussi. Et des libéraux sociaux, et des écologistes, comme Corinne Lepage qui s'est déjà exprimée. Ma proposition entraîne, je le crois, une modernisation accélérée de la vie démocratique française. En tout état de cause, j'empêcherai la concentration du pouvoir entre les mains d'une seule formation. Je veux un Etat impartial, notamment au niveau des nominations. Je refuserai la prise de contrôle par un clan, quel qu'il soit.



Le soir du premier tour de la présidentielle, si vous êtes qualifié pour le second, vous engagerez des négociations.


- Non. Je ne me prêterai à aucune manoeuvre. Je parlerai avec qui voudra, mais je ne changerai pas de ligne. C'est l'esprit de l'élection présidentielle qui permet aux Français, aux électeurs eux-mêmes d'imposer un vrai changement : à l'élection présidentielle, puis aux élections législatives.


Vous défendez l'esprit des institutions. Mais celles-ci ont leur logique mécanique. Soit vous affrontez au second tour Sarkozy, et cela, en cas de victoire, devrait déboucher sur une majorité composée de votre nouveau parti et du PS, soit Ségolène Royal est au second tour et, si vous gagnez, vous devrez gouverner avec l'UMP.


- C'est l'approche traditionnelle. Mais je crois l'UMP et le PS très fissurés en leur sein. Cette élection va entraîner une reconstruction en profondeur du système politique français.


L'UMP et le PS vont-ils éclater ?


- Je ne recherche pas un éclatement. Mais il y aura des remises en question. Ces deux formations devront réfléchir : pourquoi les Français ont-ils envoyé ce message ? Je crois profondément que les sociaux-démocrates vont se révéler à l'occasion de cette élection. Ils en ont ras le bol de la manière dont le PS fonctionne. Ils vont donc déclarer ouvertement qu'ils sont sociaux-démocrates. Et ceux-là ont évidemment leur place dans le rassemblement qui va s'imposer. Je n'ai aucun doute : il y aura des socialistes qui viendront dans la majorité nouvelle.


Dans votre main tendue à la gauche, n'y a-t-il pas une part de tactique ? On a le sentiment qu'après analyse vous avez conclu que le maillon faible du système politique français, c'était le PS. D'où votre tentative de prendre la place de sa candidate au second tour de la présidentielle.


- Je ne m'intéresse pas à la tactique. L'élection présidentielle, ce n'est pas un jeu. C'est une heure de vérité. J'ai fait ces dernières années des choix qui n'avaient rien de facile : par exemple, j'ai voté la censure contre le gouvernement Villepin. A l'époque, personne n'a considéré que c'était une habileté - mais plutôt une imprudence. Aujourd'hui je crois que les deux partis majoritaires sont au bout de leur logique. Ils ne répondent plus aux aspirations du pays. Pendant longtemps on a voulu ignorer cette usure. Mais l'élection présidentielle permet une rénovation en profondeur à laquelle aucun des deux ne pourra échapper.


Précisément les actuels députés UDF n'ont pas tous voté cette motion de censure. Vous prétendez édifier autour d'eux la colonne vertébrale de votre future majorité. Elle risque de ne pas être très vertébrée...


- Quand on se place en position de précurseur, ou de pionnier, on est parfois un peu seul. Cela m'est arrivé et c'est normal.


Que répondez-vous à Dominique Strauss-Kahn, qui vous demande de rompre avec Sarkozy ?


- Qu'il s'émancipe de ce qu'il y a de dépassé dans son camp autant que je me suis émancipé de l'UMP, et on pourra parler... sans difficulté.


Sarkozy est en train de droitiser sa campagne, en particulier sur l'immigration. Vous le croyez prêt à une alliance avec Le Pen ?


- Non. Je pense qu'il adresse des signes appuyés aux électeurs du FN. Mais il y a des choses que l'histoire devrait nous interdire de remettre sur la table, comme de mélanger l'immigration et l'identité nationale. Et tous les républicains devraient considérer que sur ces sujets, pour conjurer les risques, ils doivent faire bloc.


Dans les blogs, on découvre que beaucoup d'enseignants disent : Bayrou, c'est formidable, car il propose une subversion conservatrice. Il va bouleverser le bocal politique, mais pour le reste il ne touchera pas à grand-chose.


- Les enseignants sont nombreux parmi vos lecteurs, et vous passez votre temps à les critiquer. Vous vous situez dans la pensée unique : les profs seraient des conservateurs, des ringards. Moi, je les défends. Les profs sont aussi généreux, aussi révolutionnaires, peut-être plus, que vous. Simplement, ils ne veulent pas qu'on leur parle mal.


Vous avez quand même la réputation d'avoir été un ministre de l'Education conservateur.


- C'est l'angle d'attaque d'une partie de la droite à laquelle se joint « le Nouvel Observateur »... Mais prenez les sondages présidentiels dans le monde éducatif : je suis très bien placé. Vous croyez que c'est uniquement parce que je n'aurais rien fait ? Les profs savent au contraire que j'ai beaucoup fait. Mais je l'ai fait avec eux, pas contre eux. Du primaire à l'université, en passant par la réforme des collèges, les stages en entreprise, le bac actuel, le semestre d'orientation à l'entrée de l'université, tout cela, nous l'avons fait dans le respect réciproque et la coresponsabilité.


Vous gérerez la France comme vous avez géré le ministère de l'Education ?

- Oui, je serai un président réformateur.
 


La plupart des candidats à l'élection présidentielle, aujourd'hui et hier, ont rêvé très tôt d'être président de la République. Comment est née votre propre vocation présidentielle ?


- Il faut distinguer : ma vocation politique, ou disons une certaine vocation « tribunitienne », la volonté d'être l'avocat des petits contre les pouvoirs - je l'ai eue très, très tôt. Enfant. Il circule par ailleurs une légende, dans mon village du Béarn, selon laquelle j'expliquais vouloir devenir président de la République à l'âge des dents de lait. Je n'y crois pas. En tout cas, je n'en ai aucun souvenir. Ensuite, il y a eu tout un temps où j'ai passionnément eu envie de servir quelqu'un, d'aider un de mes aînés à devenir président.


Vous étiez alors trop jeune pour être candidat...


- Non, ça m'aurait très bien été de simplement « aider ». Par exemple, aussi étrange que cela puisse paraître aujourd'hui en raison de son engagement derrière Sarkozy, j'ai longtemps rêvé que Simone Veil soit la première présidente de la République française.



Vous avez eu une jeunesse humiliée, qui expliquerait la précocité de votre vocation politique ?


- Non, j'ai eu une jeunesse heureuse. Mais très tôt, sans doute à cause de la situation de mes parents, j'ai eu le sentiment d'appartenir à la classe des sans-pouvoir. Très tôt, j'ai eu le sentiment d'une lutte de classe, plus exactement, de l'écrasement d'une classe par une autre. Je l'ai dit dans un livre récent, j'ai eu très tôt le sentiment qu'il y avait un tiers état, dont tout le monde se foutait.


Alors pourquoi ce long compagnonnage avec la droite ?


- Parce qu'il y avait le mur de Berlin. Une grande question s'est posée dans la seconde moitié du xxe siècle : acceptait-on ou refusait-on le totalitarisme soviétique ? Moi, je l'ai refusé, à cause notamment de la lecture de Soljenitsyne. Alors le Printemps de Prague et, plus tard, l'irruption de Solidarnosc, en Pologne, m'ont fasciné. J'ai aimé les leaders de ces épopées. Je le dis souvent à Bronislaw Geremek, avec qui j'ai noué depuis lors un compagnonnage : tu ne peux pas imaginer l'importance que vous, les dissidents, avez eue dans ma vie.



C'est le communisme qui vous a rejeté dans les bras de la droite ?


- Jamais dans les bras. Avec le RPR, j'ai toujours été dans la confrontation. Mais pendant longtemps j'ai subi la loi des alliances électorales. Pour en sortir, il fallait une élection présidentielle. Et il fallait que les temps changent.


Aujourd'hui, vous semblez préférer, si vous vous qualifiez, affronter Sarkozy plutôt que Royal au second tour de la présidentielle. Est-ce que cela veut dire que vous vous sentez désormais plus proche de la gauche que de la droite ?


- Je pense qu'il y a une confrontation nette de projet de société entre Nicolas Sarkozy et moi. Alors qu'il n'y a pas cette confrontation entre Ségolène Royal et moi, ne serait-ce que parce que je ne perçois pas son projet de société. Je me situe clairement du côté de la défense des valeurs républicaines, tout en prenant en compte les impératifs économiques.
 


En même temps, si vous vous retrouvez face à Ségolène Royal au second tour, vous dealerez avec Sarkozy et l'UMP.


- Vous me permettrez, dans ce cas aussi, de gérer le second tour comme je l'entends. Je n'ai pas du tout l'intention de retomber dans les vieux schémas.

 
Propos recueillis par François Bazin, Guillaume Malaurie et Hervé Algalarrondo